1948 : 8 000 hectares inondés dans le Grésivaudan


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> Créé le 22 juillet 2008 | Modifié le 11 décembre 2009
La plaine de Moirans sous les eaux.En amont et surtout en aval de Grenoble, la crue du 20 juin 1948 a été vécue comme une véritable catastrophe. Revue de presse de lendemains qui déchantent.

« Inondations catastrophiques dans tout le sud-est », telle est la une des Allobroges du 21 juin 1948. Le même jour, le Dauphiné Libéré titre lui sur huit colonnes : « L’Isère rompt ses digues et submerge la vallée du Grésivaudan de Voreppe à Tullins. La route Napoléon coupée dans le Champsaur. Un pont emporté près de Bourg-Saint-Maurice ». Plus bas, il est précisé : « Un véritable désastre vient de s’abattre sur la riche plaine du Grésivaudan. Il dépasse en ampleur celui de 1928, et égale celui de 1914, présent encore à toutes les mémoires ».

Soixante ans plus tard, ce 20 juin 1948 reste lui aussi présent dans le souvenir des plus anciens. Dès les jours suivants, un premier bilan fait état de 8 000 hectares de terres inondées, et d’au moins 800 millions de dégâts. En amont de Grenoble, toute la plaine au niveau de Bernin, Crolles, Saint-Nazaire, Brignoud est cernée ou sous les eaux, rendant la circulation difficile. En aval de Grenoble, la situation est bien plus grave puisque, entre Le Fontanil et Tullins, 6 300 ha sont recouverts d’une hauteur d’eau dépassant parfois 3,50 m. La voie ferrée Grenoble-Lyon et Valence est complètement submergée - sur plusieurs centaines de mètres - entre Le Chevallon-de-Voreppe et les abords de la gare de Moirans. Partout, la situation est telle que certains s’imaginent que les barrages du Chambon et du Sautet ont sauté... Heureusement, il n’en est rien.

Des milliers d’hectares qui ne sont plus que marais
A Grenoble, de très nombreuses caves sont inondées, le quai Charpenay est sous un mètre d’eau, l’Isère atteint la hauteur des lavoirs du quai Perrière et charrie de gros arbres, des cadavres d’animaux... Mais, au premier jour de l’été, le retour du soleil permet à l’Isère de s’assagir, « au point même que son étiage est inférieur à celui des eaux épandues dans la vaste et riche vallée... » Comme le relate la presse de l’époque, le problème est donc de « refouler le flot vers la rivière », et c’est au Génie qu’est confiée cette mission, sous le regard bienveillant des Ponts & Chaussées. Ce sera chose faite dès le lendemain : « pour faire sauter le bouchon des digues » (sic), trois brèches sont ouvertes à la dynamite en aval de Tullins, permettant ainsi le retour des eaux dans le lit de l’Isère.

Dès le 24 juin, les journaux locaux parle enfin de décrue générale. Le moral et le baromètre remontent, la côte de l’Isère à Grenoble n’est plus que de 1,81 m (pour une côte de sécurité fixée à 2 m), alors que quelques jours plus tôt elle avait atteint 3,08 m. Comme toujours, les questions commencent à poindre ? La fonte des neiges conjuguée avec la pluie, cela explique–t-il tout ? « Qu’attend-on pour aménager le cours de l’Isère ? » Et devant ces milliers d’hectares qui ne sont plus que marais, devant la note qui selon le Dauphiné Libéré du 23 juin « dépassera le milliard de francs », on reparle d’incurie, d’imprévoyance... Et on refait l’éternel constat : « On ne fait pas les travaux nécessaires en temps voulu, on attend la catastrophe, et alors les dépenses sont centuplées ».

Inondations

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En amont de Grenoble

La plaine de l'Isère inondée aux environs de l'ancien pont de Domène. La plaine inondée près de l’ancien pont de Domène.

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En aval de Grenoble

La voie ferrée submergée à l’entrée de la cluse de Voreppe.

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