1948 : les réparations de la brèche du Palluel


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> Créé le 23 juillet 2008 | Modifié le 11 décembre 2009
Les digues reconstruites, reste la trace de la crue de l'Isère.Ce n’est pas une mais deux digues qui ont sauté le 19 juin 1948 face au bec de l’Echaillon. Les travaux ont été menés tambour battant car, sortie de son lit, l’Isère se déversait dans la plaine de Moirans, causant d’importants dégâts.

Au niveau de la courbe de l’Echaillon, l’Isère décrit une courbe assez prononcée. En rive droite, la rivière est maintenue dans son lit par une digue. Derrière cette digue s’écoule le canal du Palluel - lui aussi endigué - dont la confluence avec l’Isère se trouve 800 m à l’aval. Le Palluel draine les eaux de toute la rive droite de la plaine de Voreppe et du Fontanil Cornillon, soit 4 000 ha de bassin versant). Le samedi 19 juin 1948, suite à de fortes précipitations, au niveau du Bec l’Echaillon, l’Isère est partie droit devant elle, emportant au passage la digue séparant les eaux de l’Isère et du Palluel, et juste derrière la digue du Palluel bordant la plaine de Moirans.

Voici un témoignage recueilli à l’époque, celui de M. Mathieu, ingénieur des ponts et chaussées : « Vers 13h00, l’Isère en crue atteint la cote de 5 m 10 à l’échelle limnimétrique du pont de Veurey. Vers 13 h 30, deux brèches se produisent dans la digue rive droite, au lieu-dit « Le Pigeonnier » situé sur la commune de Voreppe. La première fait 70 m au PK 62.100 et la seconde 60 m au PK 63.000. Entre le Fontanil et la Roize, la plaine de Voreppe est alors inondée sur une surface de 550 ha. Vers 18 h 00, les eaux atteignent la partie aval du champ d’inondation. Elles s’écoulent par le goulet du Palluel dont la digue rive droite est submergée sur presque toute sa longueur (1km). Vers 20 h 00, une brèche s’ouvre dans cette digue au droit de la ferme Battendier (PK 67.300). Les eaux s’engouffrent dans la plaine sur une largeur de 110 m, avec une vitesse de 4 à 5 m/s due à la dénivellation importante entre la ligne d’eau de l’Isère et les terrains de la plaine (3, 90 m). Par suite de la grande vitesse des eaux dans le Palluel, la digue de l’Isère côté terre est affouillée sur une longueur de près de 1 km. Deux brèches de 120 m chacune se forment alors dans cette digue au droit de la brèche du Palluel dans la nuit du 19 au 20 juin ».

Dans la plaine de Moirans inondée, les dégâts sont considérables. En rive droite, la digue de l’Isère est rongée sur 600 m et emportée en deux endroits sur une longueur totale de 250 m. La digue du Palluel est elle balayée sur 120 m. Dès le 24 juin, des ouvriers sont à pied d’œuvre pour permettre les deux cours d’eau dans leur droit chemin. Il est décidé que la priorité est de fermer la brèche du Palluel, en fixant les deux lèvres en sablon, en obturant la brèche avec des gabions immergés par couche horizontale, puis en la colmatant avec des matériaux provenant de carrière.

Les travaux commencent par la construction des chemins d’accès et se poursuivent début juillet par la construction de la passerelle d’échouage des gabions : un pont avec tablier à poutrelles enrobées dont les culées sont coulées à l’intérieur de deux enceintes en palplanches ce qui les rends inaffouillables. Deux équipes se relient dix heures par jour jusqu’au 1er août, jour du colmatage de la brèche du Palluel. Vient alors le moment de construire la digue définitive, ce qui se déroule jusqu’en septembre, en obturant le vide laissé entre les gabions par de gros blocs, en versant par camions des matériaux tout venant, en coupant les pieux au niveau de l’eau, en posant un grosse quantité de mâchefer pour assurer l’étanchéité de l’ouvrage, et en continuant apporter des matériaux jusqu’à obtenir une hauteur de 1, 20 m au dessus du niveau de l’eau. La digue du Palluel étant fermée, il fallait encore obturer celle de l’Isère. Préparés sur la digue du Palluel, les gabions sont acheminés sur la lèvre amont de l’Isère via une voie posée sur une passerelle en travers du canal. La lèvre aval étant fixée, les opérations se sont déroulées de façon similaire à ceux de la première brèche.

Télécharger le rapport complet détaillant l’ensemble des travaux

Inondations

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Droit devant...

La brèche du Palluel intervient en rive droite, face du Bec de l’Echaillon.

Fin de chantier

Après travaux, la digue du Palluel et celle de l’Isère sont restaurées.

Chiffres clés

Les travaux de réparation des digues du Palluel et de l’Isère ont nécessité au total 4 500 m3 de gabions, 17 500 m3 de blocage, 600 m3 de mâchefer, 88 000 m3 de remblais, 1 400 m3 d’enrochements et 4 500 m3 de perré bétonné. Les matériaux de carrière ont été acheminés depuis La Buisse distante de 4 km du lieu du chantier.

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