L’évolution de la gestion du risque inondation au tournant des années 2000


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> Créé le 10 juin 2015 | Modifié le 4 décembre 2016
Alors que Charles Bich et Robert Veyret quittent les présidences de l’AD Isère Drac Romanche et du Symbhi, retour sur l’évolution de la protection contre le risque inondation durant un quart de siècle dans notre territoire de compétence.

Les années 80 ne sont pas si lointaines. Pourtant, que d’eau passée sous les ponts depuis cette période. Créé en 1936, notre établissement public se nommait à l’époque « Association départementale des collectivités intéressées aux travaux d’assainissement des plaines de l’Isère, du Drac et de la Romanche ». En parallèle aux chantiers de protection contre les crues, des travaux d’assainissement (plan d’équipement rural) étaient donc entrepris par nos agents. De 1952 à la fin des années 80, ils ont consisté essentiellement en la réfection des réseaux de canaux des associations syndicales. Jusque dans les années 90, le personnel et le matériel de l’AD étaient mis à leur disposition en vue d’assurer l’entretien des ouvrages d’assainissement et des canaux alors que les études hydrauliques étaient encore réalisées à l’initiative des Ponts & Chaussées.

Au départ…

C’est dans ce contexte que Robert Veyret, maire de Saint-Jean-de-Moirans et conseiller général du canton de Rives dès 1976, devint délégué départemental au Comité de l’AD dont il aura assuré la vice-présidence du 22 juin 1983 au 12 mai 2004, soit durant près de 21 ans. Sensibilisé de longue date à l’inondabilité des territoires, il ne rechigne pas à aller sur le terrain pour participer aux réunions des propriétaires regroupés au sein de l’AS de Voreppe à Moirans. On y parlait de choses concrètes comme des canaux obstrués, des embâcles sur l’Isère ou du seuil de l’Echaillon qui bougeait. « Cela se terminait toujours par un casse-croute-saucisson » aime-t-il à rappeler. «  C’est à l’AD que j’ai fait mes classes en matière de risque inondation » reconnait-il aujourd’hui.

Aux confins de la Savoie, un autre jeune élu, maire de Pontcharra depuis 1983, se retrouve lui confronté aux débordements récurrents du Bréda sur une partie de sa commune. Il s’agit de Charles Bich qui deviendra conseiller général en 1989, puis délégué au Comité de l’AD en 1992. A ce poste et aux côtés de Robert Veyret, il suit l’élaboration du premier schéma d’aménagement élaboré pour Isère amont par l’AD Isère Drac Romanche, alors présidée par Michel Hannoun, conseiller général et maire de Voreppe. De toute évidence, les nombreuses faiblesses du système de protection dans le Grésivaudan indiquaient qu’il fallait requalifier le système dans son ensemble. Mais ce projet d’initiative locale connaitra le même sort que bien d’autres impulsés par l’Etat durant tout le 20e siècle : faute de financement, les travaux sont différés à plus tard…

Nouvelle donne

Durant les années 90, les crédits ne sont pas encore là mais la prise de conscience des pouvoirs publics évolue fortement, au rythme d’inondations catastrophiques et coûteuses en termes de dommages matériels et de pertes humaines : le 14 juillet 1987 au Grand-Bornand, les 2 au 3 octobre 1988 dans la ville de Nîmes, le 22 septembre 1992 à Vaison-la-Romaine, plusieurs fleuves du midi méditerranéen en novembre 1999... C’est dans ce contexte que la donne sera profondément modifiée en Isère à l’orée des années 2000. Elu de Tullins et bien informé par son collègue rivois alors vice-président de l’AD, André Vallini devient président du Département et entame des réflexions approfondies avec Michel Bart, alors Préfet de l’Isère. Le Département décide alors d’assurer la maitrise d’ouvrage d’un projet d’envergure sur Isère amont, à condition d’être assuré d’un financement de l’Etat sur cette rivière domaniale.

Ce rapprochement conduira en 2004 à la création du Symbhi, le Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère. Robert Veyret qui en devient le premier président quitte alors ses fonctions à l’AD, tout en restant délégué départemental d’une structure à laquelle il reste encore très attaché. « Si les projets du Symbhi ont pu avancer si facilement, c’est parce que depuis la création de l’AD, il y a une même culture du risque partagée par les élus du département, ceux des communes concernées et les propriétaires privés situés en zone inondable » explique-t-il.

Onze ans de mandat

En 2004 et par souci de cohérence, le Département avait à cœur que sa « politique de l’eau » devant se traduire par de gros investissements, soit relayée au sein de l’établissement public futur gestionnaire des ouvrages. A la faveur de la désignation de nouveaux délégués et succédant à Alain Lesur, Charles Bich devient Président de l’AD en mai 2004. Ses premières décisions furent de lancer des travaux d’urgence sur Isère amont « Ces chantiers [1] ne pouvaient attendre le terme des phases d’études et de concertation conduites par le Symbhi » rappelle-t-il.

Au-delà de ces travaux nécessitant d’importants investissements, Charles Bich a également eu la volonté de réorganiser les missions et le fonctionnement de notre entité. « En novembre 2006, cela s’est traduit par la modification des statuts afin de définir de nouvelles règles de fonctionnement et une clé de répartition plus équitable, prenant en compte la valeur des biens mais aussi la population de chaque commune » explique-t-il. En interne et en accord avec les orientations prises par Michel Pinhas, devenu directeur en 2004, la principale action de Charles Bich aura été de renforcer les compétences et l’organisation de l’AD. Concrètement, cela s’est traduit par la création d’un statut pour le personnel, la mise en place d’un plan de gestion de la végétation et le développement d’un outil informatisé pour gérer l’entretien et la surveillance des digues.

Sur le plan financier, la présidence de Charles Bich aura permis une clarification vis-à-vis des financeurs de l’AD que sont le Département (50%), les communes (25%) et les AS (25%) regroupées depuis 2009 au sein de l’Union des associations syndicales de l’Isère, du Drac et de la Romanche. La charge que constituaient les emprunts auxquels l’AD recourrait systématiquement auparavant diminue progressivement depuis 2012. Cet effort de désendettement aura été possible par le fait que le Symbhi réalise désormais l’essentiel des grands investissements nécessaires pour améliorer notre système de protection contre le risque inondation.


Charles Bich

Chrales BichPrésident de l’AD Isère Drac Romanche de 2004 à 2015.

Robert Veyret

Robert VeyretVice-président de l’AD de 1983 à 2004 puis Président du Symbhi de 2004 à 2015.

Charles Bich et Robert Veyret

Charles Bich et Robert VeyretEn 2005 à Pontcharra, lors d’une réunion publique organisée par le Symbhi dans le cadre de la concertation préalable au Projet Isère amont.

Charles Bich et Michel Pinhas

Charles Bich et Michel Pihnas.Michel Pinhas est directeur de l’AD Isère Drac Romanche depuis 2004.

De grands travaux sur les digues

[1] En 2004 et 2005 : le confortement de la courbe Charlet et celle de Grangeage. En 2005 : la protection du quai Charpenay à La Tronche. En 2005 et 2006 : la sécurisation du futur dépôt du tramway à Gières.

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