Typologie des travaux de réparation sur nos digues


Accueil > Etudes et travaux > Questions hydrauliques > Typologie des travaux de réparation sur nos digues
> Créé le 14 février 2011 | Modifié le 28 mars 2016
Création d'une piste de chantier en pied de digue à Montbonnot-Saint-Martin.Les travaux de réparation ponctuels et/ou de confortement de digue sont variables selon la configuration des sites et l’ampleur des désordres constatés. Voici la liste détaillée de ceux qui sont couramment réalisés par l’AD Isère Drac Romanche.

Réalisation d’une risberme

Créer une banquette artificielle (risberme) permet de protéger le pied du talus de digue. L’opération nécessite la mise en œuvre de matériau 0/400 mm. Elle se déroule en quatre phases :
- 1. Depuis la crête de digue, réalisation d’une rampe d’accès au pied de digue. Pour les risbermes de longueur importante, une rampe est réalisée tous les 300 m.
- 2. Réalisation d’une risberme d’une largeur de 6,5 m (fiche n°1-1) calée au niveau de l’étiage + 1,5 m.
- 3. Talutage de cette risberme à 4 m de large (fiche n°1-2) en vue de la réduire en largeur et de la rehausser en hauteur en utilisant les déblais de talutage.
- 4. Retalutage final de cette risberme à 2,5/3 m de large (fiche n°1-3) en vue de la réduire en largeur et de la rehausser en hauteur.
A noter : le niveau final de la risberne est défini en fonction des érosions locales.

Les matériaux ne sont pas directement déversés en rivière, mais déversés à sec sur la risberme en cours de réalisation, puis poussés dans l’eau par un chargeur. Ce dernier opère de façon à serrer les matériaux avec son godet, au fur et à mesure qu’il les pousse. Si nécessaire, le talus de la risberme peut être couvert par un parement en enrochements.

Confortement ponctuel d’un talus de digue

Ce type de travaux effectués sur des talus de digue fragilisés sont des interventions ponctuelles. Ils concernent donc un linéaire réduit et présentent souvent un caractère d’urgence. La réalisation du confortement se déroule la plupart du temps de la manière suivante :
- terrassement du talus de digue à conforter si nécessaire,
- mise en œuvre du remblai sur le talus de digue, en matériau 0/400 mm, sous eau et hors d’eau,
- réglage et mise en forme du talus.

Les travaux s’effectuent depuis la crête de digue, à l’aide d’une pelle mécanique aux dimensions adaptées ("à long bras" si besoin). Le matériau 0/400 mm peut être déversé directement sur le talus à conforter, puis ensuite repris et mis en forme à la pelle mécanique.

Si nécessaire, ce type de confortement est complété par un cordon d’enrochements en pied de digue (sur lequel repose le remblai 0/400 mm) ou par un parement complet en enrochements sur le remblai 0/400 mm. Selon les désordres observés, le type d’intervention en pied de digue peut donc varier :
- 1. Cas d’une reconstitution d’un cordon d’enrochements en pied de digue (fiche n°2).
- 2. Cas d’un simple blocage du pied de digue (fiche n°3).

Exécution d’un parement en enrochements

Après son terrassement, la berge à enrocher est recouverte d’une couche de matériau 70/200 mm. Epaisse de 40 cm, elle destinée à recevoir le parement d’enrochements. Cette couche est mise en place par tranches de 3 m comptées suivant la pente du talus. Une fois exécutée, chaque tranche de 3 m est recouverte par les enrochements. Si la couche de transition excède l’épaisseur de 40 cm (talus très affouillé), le matériau 70/200 mm est remplacé par du matériau 0/400 mm. La couche de transition est mise en place par déversement et réglée à la pelle.

La mise en œuvre des enrochements se fait à l’aide de pelles hydrauliques, en commençant par la partie la plus basse et en remontant vers le haut. Selon la bathymétrie locale et le profil en long du projet, les sabots sont soit ensouillés, soit posés sur le fond. Les enrochements sont mis en deux couches sur une épaisseur correspondant à deux fois le diamètre moyen des enrochements.

Selon la configuration du terrain et les désordres observés, il existe plusieurs façons d’intervenir :
- 1. Pour réaliser un parement en enrochements, le travail peut s’effectuer depuis le pied de digue, à partir d’une piste de chantier retirée au fur et à mesure de l’avancée des travaux (fiche n°4),
- 2. Cas de la réalisation d’un parement en enrochements à partir d’une piste intermédiaire :
>> Phase 1 : aménagement d’une piste intermédiaire par terrassement dans la digue (fiche n°5.1).
>> Phase 2 : mise en œuvre des enrochements et reconstitution de la digue (fiche n°5.2).
- 3. Cas de la réalisation d’un parement en pied de digue et d’un masque étanche en haut de berge :
>> Phase 1 : pose d’enrochements depuis le pied, à partir d’une piste de chantier (fiche n°6.1).
>> Phase 2 : réalisation d’un masque étanche en matériau 0/400 mm à matrice argileuse (fiche n°6.2).

Confortement par épaississement de la digue

Ces travaux consistent à conforter la digue grâce à la réalisation d’un remblai côté plaine (contre le talus de digue) intégrant un massif drainant à sa base (fiche n°7). Les travaux se déroulent de la manière suivante :
- dessouchage des surfaces à remblayer,
- décapage sur une épaisseur moyenne de 40 cm,
- mise en œuvre du matériau 40/80 mm pour la réalisation d’un massif drainant en pied de digue (reposant éventuellement sur un géotextile),
- mise en œuvre de matériau D2-D3 sur le massif drainant, ce matériau étant disposé par couches de 30 cm soigneusement compactées. Un géotextile anticontaminant est posé à l’interface des matériaux D2-D3 et 40/80 mm.

Couverture de matériau terreux

Une fois réalisé, tout ouvrage de confortement peut être recouvert de matériau terreux, en vue d’y favoriser ultérieurement le développement d’un couvert végétal. Ces travaux peuvent se dérouler des deux manières :
- Régalage du matériau terreux sur le talus ou les parties planes des ouvrages (épaisseur moyenne : 30 cm), le matériau étant étalé au chargeur (ou à la pelle hydraulique) et légèrement compacté au godet pour en assurer une meilleure tenue.
- Régalage du matériau terreux comme indiqué précédemment, puis recouvrement par une nappe de géotextile biodégradable (treillis coco).

Après la mise en œuvre du matériau terreux, les surfaces couvertes sont ensemencées avec un mélange herbacé spécifique, adapté aux berges de l’Isère. Cette opération permet d’éviter la colonisation des nouveaux ouvrages par des espèces végétales invasives (la renouée, le buddleïa, la balsamine…).

Réfection des pistes

Les pistes présentes en crête de digue (ou permettant l’accès aux digues) peuvent faire l’objet de trois types de réfection. Le choix s’effectue en fonction de l’état de la piste et la nature de ses matériaux constitutifs.

>>Type 1. Ce premier type de réfection ne nécessite pas d’apport de matériaux car il ne concerne que des pistes qui présentent des désordres limités (orniérage et/ou nids de poule éparses), ou des pistes constituées de matériaux non terreux (de type tout-venant) de granulométrie variable.
Les travaux consistent à :
- décompacter (scarifier) superficiellement la piste sur une hauteur de 10 à 15 cm et une largeur moyenne de 4 m,
- niveler les matériaux décompactés au Grader, avec une pente d’écoulement des eaux de ruissellement (de 1 à 2%) orientée préférentiellement du côté de la rivière,
- compacter au Compacteur les matériaux précédemment nivelés.

>>Type 2. Le second type de réfection concerne les pistes présentant des désordres importants (orniérage et/ou nids de poules fréquents) et constituée de matériaux non terreux (de type tout-venant) de granulométrie variable. Ce type de réfection nécessite l’apport de matériau 0/31,5 mm.
Les travaux consistent à :
- décompacter (scarifier) superficiellement la piste sur une hauteur de 10 à 15 cm et une largeur moyenne de 4 m,
- niveler les matériaux décompactés au Grader et les recompacter à l’aide du Compacteur,
- mettre en œuvre, au Grader, le matériau concassé 0/31,5 mm (10 à 15 cm) sur la bande des 4 m précédemment nivelée, avec une pente d’écoulement des eaux de ruissellement de 1 à 2% orientée préférentiellement du côté de la rivière,
- compacter la couche de matériau 0/31,5 mm à l’aide du Compacteur.

>>Type 3. Le troisième type de réfection concerne les pistes présentant des désordres importants (orniérage et/ou nids de poules fréquents), et/ou constituées de matériaux sensibles à l’eau et rendant la piste impraticable par temps humide (argile). Ce type de réfection nécessite l’apport de matériaux concassés 0/100 mm et 0/31,5 mm, ainsi qu’un géotextile. Les travaux consistent à :
- décaisser la piste jusqu’à une épaisseur de 50 cm et sur une largeur moyenne de 4 m,
- mettre les déblais issus du décaissement en dépôt définitif dans les talus de digue,
- mettre en œuvre un géotextile sur la surface décaissée,
- mettre en œuvre, au Grader, le matériau concassé 0/100 mm,
- compacter le matériau 0/100 mm au Compacteur par couches de 30 cm,
- mettre en œuvre et niveler, au Grader, le matériau concassé 0/31,5 mm sur une épaisseur de 10 à 15 cm et avec une pente d’écoulement des eaux de ruissellement de 1 à 2% orientée du côté de la rivière,
- compacter la couche de matériau 0/31,5 mm au Compacteur.

Période des travaux

En pratique, les travaux en rivière se déroulent durant les périodes suivantes :
- sur l’Isère : durant les basses eaux, soit de septembre à mars (automne-hiver),
- sur la Romanche (et ses affluents) : de mai à octobre, pour des raisons piscicoles et climatiques.
Sur l’Isère et le Drac, la période d’avril à août est généralement exclue car elle correspond à la période de la "crue de printemps" (crue de fonte).

Réalisation d’une risberme

Lumbin, Ile de la Vache, 6 avril 2010

Confortement d’un talus de digue

Chantier de confortement à Saint-Gervais début 2009.

Piste de chantier en pied de digue

Digue de Gières 2005 : pose d'enrochements depuis la piste en pied de digue. Au fur et à mesure de sa progression, la pelleteuse retire les matériaux de la piste provisoire aval pour en reformer une en amont.

Marchés d’entretien courant

Pour les travaux d’entretien et de confortement des digues de l’Isère, l’AD dispose d’un marché à bons de commande. Reconductible jusqu’en 2013, il est découpé en deux lots géographiques : Isère en amont ou en aval de Grenoble. Les travaux sur les autres cours d’eau font l’objet d’appels d’offres spécifiques.

Confortement par épaississement

Croix du Plan 2007 : confortement par épaississement de la digue.

Pose de terre végétale sur digue confortée

Réfection de piste dans la plaine d’Oisans

Travaux en urgence

Les travaux d’urgence s’inscrivent dans le cadre du dispositif d’alerte activé lors de toute crue. Il impose au gestionnaire des digues d’être en mesure d’effectuer des interventions en urgence dans les plus courts délais.

Dans le cas de l’Isère, ce dispositif est activé (et piloté) par le SIDPC38 (préfecture de l’Isère), sur la base des renseignements fournis par le SPC Alpes du Nord (Service de Prévention des Crues – Direction Départementale des Territoires). Pour le Drac et la Romanche (et ses affluents), les différents niveaux d’alerte sont déclenchés par le maître d’ouvrage sur la base de ses observations et des informations qui lui sont communiquées (SPC, EDF…).

Les travaux d’urgence sont des mesures provisoires de confortement ou de déblaiement mise en œuvre en dehors des contraintes usuelles des règles de l’art et des garanties après réalisation. Ces travaux sont de type suivant :
- confortement de digues en urgence par enrochements ou mise en œuvre de remblais contre le talus de digue,
- mise en œuvre de remblais aux abords des digues (merlons, diguettes…),
- renforcement et/ou création de pistes d’accès aux zones d’intervention,
- réalisation des rampes d’accès et plateformes,
- travaux préparatoires à l’intervention (déboisement, dessouchage, décapage),
- mise en place de busage provisoire de chantier,
- curage et dégagement d’ouvrages,
- remise en état des accès et des abords.

Toutes ces interventions font l’objet d’un marché à bons de commande reconductible jusqu’en 2014.

Espace privé | Plan du site | Contact | Mentions légales | Spip | Lettre d’information | Haut de page