Alerte aux renouées exotiques !


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> Créé le 10 novembre 2010 | Modifié le 12 novembre 2010
Partie de rhizome d'un plan de renouée.Invasives, les renouées exotiques posent de gros problèmes sur nos digues. Premier bilan de leur évolution dynamique en fonction des techniques et des fréquences d’intervention testées depuis trois ans.

Chose promise, chose due ! En 2008, dans une page titrée « Un plan de lutte contre la renouée du Japon », nous évoquions la mise en place de plates-formes expérimentales devant permettre de tester des techniques de lutte contre la renouée du Japon. Depuis, plusieurs tests statistiques ont été réalisés dans le but de déterminer quelles techniques et quelles fréquences de fauche sont efficaces pour rétablir la biodiversité végétale dans les parcelles. Sans revenir sur le protocole établi en 2007, ni sur la localisation des sites, il est temps de dresser un premier bilan.

Plantules et rhizomes
Testé à titre préventif, l’arrachage des jeunes plantules est efficace mais, pour obtenir de meilleurs résultats, il doit être fait à l’aide d’un outil de jardinage de type piochon. En effet, un simple arrachage laisse les rhizomes intacts et n’altère donc pas le potentiel de reproduction végétative de la plante. C’est l’ensemble du rhizome qui doit être enlevé ! S’il présente une blessure fraiche, mieux vaut creuser davantage... Ne présentant pas d’entre-nœuds, les racines peuvent rester dans le sol, mais les plantules et les rhizomes arrachés doivent être brûlés.

Fauches
Les tests indiquent que les techniques de fauche réduisent significativement le diamètre et la hauteur des renouées. Par contre, leur influence sur la densité n’est pas manifeste. Il s’avère aussi que l’exportation des produits de fauche n’est pas nécessaire et que les jeunes plantules doivent être fauchées en avril, dès l’apparition de quatre à cinq feuilles. D’autres tests ont montré que les fauches des années précédentes sont utiles : les peuplements fauchés sont toujours en régression.

Peuplements
Dans les sites à peuplement monospécifique [1], choisir une technique simple : une fauche par mois durant la saison de croissance. L’idéal parait être six fauches mensuelles par an, la première mi-avril et la dernière mi-septembre, sans exportation. Si les peuplements régressent au fil des années, le nombre de fauches peut être réduit, mais la première fauche doit être réalisée en début de croissance (mi-avril). Pour les massifs de renouées situés au bord de l’eau, il faut éviter toute dissémination des tiges coupées vers l’aval : l’eau favorisant le bouturage des parties aériennes de la plante, les fauches doivent donc être réalisées avec précaution. Pour les peuplements de moyenne densité, la gestion recommandée est la même. Par contre, pour ceux de faible densité, deux fauches par an paraissent suffire : mi-avril puis mi-juin, en fin de saison de croissance.

Restauration végétale
Les tentatives de plantations réalisées en 2008 n’ont pas connu un franc succès : la plupart des arbres et des arbustes sont morts, peut-être à cause des composés allélopathiques [2]produits par les renouées. Seuls quelques individus de saule des vanniers et de saule faux daphné ont survécu. Les parcelles fauchées présentent en général une biodiversité végétale importante. On note la présence d’espèces non semées : elles proviennent donc de la banque de graines restée dans le sol. Parfois, certaines ont un recouvrement supérieur à celui des renouées. C’est notamment le cas de l’ortie dioïque, de la ronce bleuâtre, du lotier corniculé, du lierre... Mais, mauvaise nouvelle ! Dans les parcelles fauchées, les renouées sont parfois remplacées par d’autres espèces invasives comme le buddleia ou le robinier faux-acacia. C’est là un vrai casse-tête pour nos agents de terrain… Mais cela légitime le bien-fondé de cette démarche d’expérimentation à laquelle ils participent activement.

- Lire l’intégralité du rapport de Maëlle Le Berre.
- Lire un article connexe : Comment lutter contre les autres invasives ?

Placette de Murianette

Deux agents techniques effectuent un relevé de mesures dans un massif de renouées.

Placette de La Tronche

En amont du pont du tram, un talus colonisé par des renouées. A noter : leur hauteur varie selon le type d’intervention effectuée.

Placette de Meylan

La chantourne de Meylan.Près du parking de l’Ile d’Amour, les berges de la chantourne envahies par la renouée.

Pilotage

Cette page constitue une synthèse du travail effectué par Maëlle Le Berre durant le stage de six mois qu’elle a effectué en 2010 à l’AD Isère Drac Romanche (Master 1 Biodiversité Ecologie Environnement).
Mention oblige à trois personnes qui l’ont précédée dans le cadre du même protocole expérimental : Amandine Roux en 2007, Sabine Figarol en 2008 et Chloé Chéné en 2009.

[1] Sites colonisés uniquement par la renouée.

[2] Allélopathie : Interactions biochimiques d’une plante sur une autre.

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