Bilan de la crue de mai 2008


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> Créé le 23 juillet 2008 | Modifié le 11 juin 2010
29 mai 2008. Isère vue aval du pont de la Buissière.Les crues survenues fin mai 2008 ne sont pas nouvelles : en dix ans, Grenoble aura connu cinq crues flirtant avec la décennale... Raison de plus pour analyser un phénomène avec lequel il nous faut vivre, et pour légitimer un système de gestion du risque inondation perfectible mais bien réel.

Les crues survenues entre le 26 et le 31 mai 2008 ont concerné les bassins versants de la Durance, du Drac, de la Romanche et de l’Arc. Elles résultent d’une conjonction passagère entre une pluviosité abondante sur la chaîne alpine et des sols déjà saturés en eau du fait d’un enneigement abondant en cette fin de printemps. Des événements d’une ampleur bien plus importante auraient pu survenir si la dépression était repassée plusieurs fois au même endroit. Fort heureusement, elle s’est déplacée du sud au nord, engendrant successivement dans notre région des crues sur le Drac, la Romanche et l’Arc.

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En amont de la confluence avec la Romanche, le gué du Vénéon submergé.

Dans la plaine de Bourg-d’Oisans, la crue de la Romanche a atteint une valeur proche de 300 m3/s, provoquant en aval une crue du Drac de 450 m3/s au niveau de Fontaine le 26 mai. Côté Romanche, si les remaniements ont été importants dans la zone amont du Buclet, il n’y a pas eu de désordre sur les digues. Néanmoins, de nombreux embâcles se sont formés en aval, principalement contre les piles de pont. Dans le bassin versant de l’Isère, la crue a été plus importante, tant pas sa durée que son débit. Bien que légèrement inférieure à la crue de 2001, là encore - à l’instar des crues de 1999 et 2000 – on a frôlé la crue décennale estimée à 950 m3/s. Après un palier à 650 m3/s durant trente heures, le niveau est monté à 850 m3s durant quelques heures. En aval de Grenoble, la crue de l’Isère conjuguée à celle du Drac a atteint une valeur plus que décennale. Par contre - mis a part une crue sur le Breda - les autres affluents de l’Isère n’ont pas été le siège de crues notables.

La crue de l’Isère a eu pour origine une autre crue : celle de l’Arc ! C’est un fait : la Haute-Maurienne a vécu une crue cinquantennale alors que la crue n’était que biennale du côté d’Albertville. Comme à chaque fois, les eaux de l’Isère étaient particulièrement boueuses, chargées en sablons schisteux. Ces derniers ont d’ailleurs largement contribué à engraisser les berges et les atterrissements : la couche oscillait entre 20 et 40 cm d’épaisseur ! Nombre de bancs existants on été érodés, voire balayés, ce qui est plutôt une bonne chose car cela a permis d’élargir certaines sections d’écoulement.

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Isère amont, à Pontcharra : le passage à gué sur le Bréda emporté par la crue.

Les digues ont surtout été mises en charge en aval de Brignoud, là où les terrains sont le plus proche du niveau du lit. Une surveillance active a été opérée dans certains secteurs où la circulation d’eau à travers la digue et sa fondation faisaient craindre un phénomène de renard. Le personnel de l’AD et les entreprises travaillant pour elle étaient mobilisés pour assurer d’éventuelles interventions sous délai réduit. Comme cela fut le cas dans la plaine de Gières, les seuls désordres qui ont été constatés sont davantage liés à des problèmes de gestion de vannes des fossés de drainage qu’à des faiblesses constatées dans le corps de digue. En aval de Grenoble, dans certains secteurs où la digue est basse, les niveaux de l’Isère ont voisiné avec le niveau de crête. Là encore, pas de désordre notable mais un charriage abondant et un remaniement du lit. Sur Isère amont, de nombreux arbres riverains ont dû être évacués car la mise en eau de leur terrain d’assise les avait déstabilisés. Une chute éventuelle menaçait d’arracher une partie de la digue. Ceci prouve que, contrairement aux idées habituellement répandues, les arbres « ne tiennent pas » les digues... Malgré tout, quantité d’arbres se sont retrouvés flottant au fil de l’eau. Leur accumulation contre une pile de pont ou contre un banc peut conduire à aggraver les niveaux de crue et mettre en danger la digue. Ce constat conforte l’approche qui vise à gérer le boisement des digues, en particulier à dégager le pied de berge des arbres adultes.

Autre bilan de la crue de mai 2008 : en dix ans, cinq crues flirtant avec la décennale ! Dans ce contexte, difficile de ne pas évoquer la vulnérabilité de nos digues en cas de phénomène plus abondant ou plus durable... Et de se féliciter des travaux d’aménagement engagés par le Symbhi dès 2010. La prudence reste de mise en matière de gestion du risque inondation. Le suivi et l’entretien de ce système de protection, c’est justement la mission de l’AD Isère Drac Romanche.

Vidéo de la crue Isère amont 2008

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Vidéo de la crue Drac 2008

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Vidéo de la crue Isère aval 2008

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Insolite

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La crue de l’Isère au niveau du seuil de Goncelin, pour le plus grand bonheur d’un surfeur alpin !

Hydrogrammes

Voir le schéma comparatif des hydrogrammes à la station de la Bastille (crues théoriques et crues observées depuis dix ans).
Sources : Diren Rhône-Alpes pour les valeurs observées, Sogreah pour les valeurs théoriques de référence.

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