1936 : Naissance de l’AD Isère Drac Romanche


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> Créé le 14 août 2008 | Modifié le 4 décembre 2016
Créée en 1936 par le Conseil d’Etat, l’Association Départementale Isère Drac Romanche résulte d’une longue tradition de luttes solidaires contre les inondations.

Au sortir de la première guerre mondiale - et avec le souvenir des dégâts occasionnés dans le Grésivaudan par la crue de 1914 - de nombreuses initiatives sont prises au plus haut niveau de l’Etat. Tout en laissant aux riverains leur part de responsabilité et de financement, ce dernier souhaite assurer un meilleur contrôle des tâches et des finances, et ce dans le cadre d’un schéma d’aménagement maîtrisé.

Que faire ?
En 1926, une commission interministérielle est constituée en vue de rechercher les remèdes à apporter à la situation particulière de nos vallées. L’année suivante, cette commission décide l’ouverture d’un concours entre spécialistes des études et travaux hydrauliques. Présenté par l’entreprise Schneider, le projet retenu en 1929 préconise :
- l’exhaussement des digues de l’Isère et le dragage du lit
- la remise en état des canaux d’assainissement de la plaine
- la création de champs d’inondation pour écrêter les grandes crues
- la coupure des trois boucles de l’Isère à l’amont de Grenoble
- l’exhaussement des digues du Drac
- projet annexe : la protection de Bourg-d’Oisans sur la Romanche.

Approuvé par le Conseil Supérieur des Travaux Publics, ce projet aboutit sur une loi relative à l’exécution des travaux qui restent à la charge de l’Etat [1]. Le montage financier est alors novateur : l’Etat finance l’investissement à hauteur de 94,5 % (260 millions de francs de l’époque). Néanmoins, les travaux prévus par la loi ne furent jamais exécutés, à l’exception d’un dragage d’étude à l’amont de Saint-Gervais : le lit fut approfondi de 1 à 1,50 m sur une largeur de 50 m et sur une longueur de 2,5 km.

Un nouvel acteur
C’est dans ce contexte que, le 27 septembre 1936, le Conseil d’Etat adopte un décret créant l’Association Départementale des collectivités intéressées à l’aménagement des plaines de l’Isère et du Drac. Cette entité regroupe le département, les communes et les associations syndicales de la zone inondable de 1859. Outre le choix des travaux à engager, l’AD devait établir la part du financement revenant aux communes et associations syndicales, la percevoir et entretenir les ouvrages qui devant obligatoirement lui être remis dès leur achèvement. L’AD Isère Drac Romanche est donc née de la volonté de l’Etat d’obtenir une plus grande efficacité dans l’exécution des travaux d’aménagement des plaines de l’Isère et du Drac, mais aussi d’avoir un interlocuteur unique. En 1969, sur demande du Syndicat Unique de l’Oisans (SUO), la compétence de l’AD a été étendue à la vallée de la Romanche. L’établissement ainsi créé est depuis nommé : Association Départementale des collectivités intéressées aux travaux d’assainissement des plaines de l’Isère, du Drac et de la Romanche.

Suite aux graves inondations de septembre 1940, une nouvelle loi sur l’aménagement et l’assainissement des plaines de l’Isère, du Drac et de la Romanche, est promulguée le 30 novembre 1941. Elle fixe à nouveau les conditions d’exécution de travaux s’inscrivant dans le cadre du projet Schneider de 1927. Mais l’exécution des travaux est une nouvelle fois différée du fait de la guerre. Des études hydrauliques sont toutefois réalisées à l’initiative des Ponts & Chaussées, avec la collaboration du laboratoire d’hydraulique Neyrpic, en vue de rechercher les lois de transport de débits solides dans l’Isère, et d’évaluer de façon aussi précise que possible l’importance de la sédimentation.

On le sait moins mais, en parallèle aux travaux de protection contre les crues, l’AD Isère Drac Romanche a également entrepris des travaux d’assainissement (plan d’équipement rural). De 1952 jusqu’à la fin des années 80, ces travaux consistaient essentiellement en la réfection des réseaux de canaux des associations syndicales. Jusque dans les années 90, le personnel et le matériel de l’AD étaient mis à leur disposition en vue d’assurer l’entretien des ouvrages d’assainissement et du réseau des canaux.

Liste des présidents successifs de l’AD

Election du 5 avril 1937 : M. Paganon, conseiller général.
Election du 13 novembre 1937 : M. Gounon, conseiller général.
Election du 10 décembre 1938 : M. le docteur Valois, conseiller général.
Election du 26 mai 1942 : M. De Vienne, maire de Saint Nazaire.
Election du 30 septembre 1949 : M. Fayn, association syndicale de Bresson à Saint Ismier.
Election du 18 février 1972 : M. Barran, conseil général.
Election du 11 mai 1976 : M. Genevois, association syndicale de Lancey à Gières.
Election du 22 juin 1983 : M. Ramus, association syndicale de Saint Ismier à Grenoble.
Election du 11 mai 1990 : Michel Hannoun, conseiller général.
Election du 18 juillet 1994 : Robert Pinet, conseiller général.
Election du 25 janvier 1999 : Alain Lesur, association syndicale de Bresson à Saint Ismier.
Election du 12 mai 2004 : Charles Bich, conseiller général.
Election du 5 juin 2015 : Christophe Engrand, conseiller départemental.

L’AD aujourd’hui

80 ans après sa création, l’AD poursuit sa mission dans un contexte et un environnement renouvelé.
- L’AD, un acteur parmi d’autres
- Les digues au jour le jour
- Un établissement public
- Les textes réglementaires
- Les membres de l’AD
- Le comité de l’AD

Chantourne de Meylan

En 1955, création de la Chantourne de Meylan au droit du chemin du Rachais.

Aménagement des plaines de l’Isère

Lire l’article paru dans le Dauphiné Libéré du 11 mars 1959 : "1 milliard de travaux, 600 kilomètres de canaux".
Lire l’article paru dans le Dauphiné Libéré du 12 mars 1959 : "Les gigantesques travaux effectués aux frais de l’Etat postulent le remembrement urgent des terres et la rentabilité des exploitations agricoles".

Prolongement du canal de Fure-Morge

Visite de la commission des travaux le 12 octobre 1952 (de gauche à droite, M. Fayn, Noiray, Fabre-Curtat, Cumin, Duclot, Darbon, Charrière, Pascal, Girin).

L’assainissement des plaines

Retour sur deux années de travaux. Lire l’article paru dans le Dauphiné Libéré du 12 mai 1959 : "700 hectares de marais transformés en bonne terre !".

Histoire des endiguements

Pour en savoir plus sur l’histoire des endiguements, voir les articles sur l’histoire des digues de l’Isère amont jusqu’en 1900 et histoire des digues au 20e siècle .

[1] La loi promulguée le 27 janvier 1930 fut modifiée par la loi de finances du 31 mars 1931, puis complétée par la loi du 5 Avril 1935.

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