De la continuité écologique des cours d’eau


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> Créé le 10 juin 2015 | Modifié le 27 novembre 2015
Aménagement du Ruisseau de Bois-Claret par le Symbhi (photo SO Dupontrenoux).La survie des espèces sauvages n’est possible que si un nombre suffisamment grand d’individus est présent et si leur espace vital est assez étendu. Afin de préserver les habitats - dans et le long des cours d’eau - le législateur a réformé le classement des rivières.

Introduite au niveau européen par la directive cadre sur l’eau, la notion de continuité écologique pour un cours d’eau implique d’assurer la libre circulation des organismes vivants mais aussi le bon déroulement du transport naturel des sédiments et le bon fonctionnement des réservoirs biologiques. En France, plus de 60 000 ouvrages hydrauliques – barrages, écluses, seuils, moulins - ont été recensés sur les cours d’eau, soit autant d’obstacles potentiels à la continuité écologique. La loi sur l’eau de décembre 2006 et la loi Grenelle 1 de 2009 ont permis de multiplier les actions en faveur de leur restauration.

Le département de l’Isère a lui aussi pris des initiatives importantes, notamment en mettant en place, dès 2001, le réseau écologique départemental de l’Isère (REDI), puis des études en vue de restaurer la continuité écologique de sites prioritaires. Ce REDI s’est concrétisé par plusieurs schémas directeurs pour les Espaces Naturels Sensibles (ENS) et de véritables plans de gestion de nombreux milieux humides. Le REDI s’est également traduit par le programme européen « Couloirs de vie 2008-2014 » (lire ci contre) dont l’AD Isère Drac Romanche a été l’un des partenaires et maitres d’ouvrage pour quatre chantiers importants.

Des rivières classées

Au titre de l’article L214-17 du code de l’environnement, un nouveau classement des rivières a également été notifié en juillet 2013 par le préfet coordinateur de bassin Rhône-Méditerranée. Ceci représente un enjeu important pour les exploitants ou propriétaires d’ouvrages hydrauliques.

Tout classement de cours d’eau en liste 1 vise à le protéger des dégradations et à afficher un objectif de préservation à long terme. Exemple de rivière de classe 1 concernant l’AD : l’Eau d’Olle, du barrage du Verney à la Romanche. Ces rivières bénéficient d’un très bon état écologique, recèlent des réservoirs biologiques et sont à fort enjeu pour les poissons migrateurs. Pour une rivière de classe 1, aucun nouvel obstacle à la continuité écologique n’est autorisé, quel qu’en soit l’usage. Pour les ouvrages existants et autorisés, le renouvellement de leur concession ou autorisation est subordonné à des prescriptions destinées à maintenir le très bon état écologique des eaux et à assurer la protection des poissons migrateurs.

Sont classées en liste 2 : les rivières pour lesquelles des ouvrages existants ne permettent pas d’assurer le transport des sédiments et/ou la circulation des poissons. Exemple de rivière de classe 2 concernant l’AD : le canal de Fure-Morge. En pratique, les ouvrages doivent être gérés, entretenus et équipés selon des règles définies par le préfet, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l’exploitant. Ces préconisations peuvent concerner des mesures d’équipement comme la construction d’une passe à poissons et des mesures de gestion telles que des ouvertures régulières de vannes. Ces ouvrages devront être mis en conformité dans un délai de 5 ans, soit avant juillet 2018.

A lire sur notre site : 4 chantiers favorisant la continuité écologique.

Un bilan pour « Couloirs de vie »

En 2008, après diverses études et un travail de concertation, le Département de l’Isère a lancé ce projet d’envergure en s’appuyant sur de nombreux acteurs du territoire. Plusieurs actions ont été menées durant 6 ans en termes de restauration des corridors biologiques du Grésivaudan et de la Cluse de Voreppe. Le premier projet de ce type en Isère a permis de mettre en place des actions expérimentales et innovantes. Un colloque organisé à Grenoble du 20 au 22 mai 2015 a établi le bilan de toutes les actions menées entre 2008 et 2014. Quatre visites étaient proposées dont une relative à la réhabilitation du Coisetan conduite par l’AD Isère Drac Romanche dans sa partie amont et le Symbhi dans sa partie aval. Ce dernier a également présenté un retour d’expérience sur les aménagements de restauration de confluences réalisés dans le cadre du projet Isère amont.
- En savoir plus

Rivière de classe 1

L’Eau d’Olle.

Rivière de classe 2

Le canal Fure-Morge au niveau de sa confluence avec l’Isère.

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