Des habitats restaurés à la Genaudière


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> Créé le 21 mars 2012 | Modifié le 1er décembre 2016
15 mars : chantier de terrassement des mares forestières. Les libellules et les fougères qui figurent à notre programme 2012 nous obligent à porter un autre regard sur le voisinage de nos digues.

Au titre des mesures compensatoires au remblaiement effectué dans la zone humide du Replat et après signature d’une convention avec le Département, l’AD Isère Drac Romanche est intervenue cet hiver pour la première fois sur le site de la Genaudière à l’Albenc. Les premiers travaux effectués en janvier et février avaient pour principal objectif d’éclaircir le couvert forestier du site, tandis que les terrassements effectués en mars ont permis de renforcer le caractère humide de certains milieux.

Situé entre le talus de l’A49 et la digue rive droite de l’Isère, le site de la Genaudière comporte plusieurs milieux humides. Le bassin d’orage collectant les eaux de l’autoroute géré par l’AREA constitue aujourd’hui une roselière où des oiseaux viennent nicher. Aucune intervention n’est ici programmée, mais d’autres secteurs dont le caractère de zone humide est manifeste ont fait l’objet d’interventions de notre part.

Le marais
Au-delà du fossé de drainage collectant les eaux du coteau voisin, le marais constitue un milieu très caractéristique des landes humides. Dans ce secteur, où toute circulation d’engins lourds était prohibée du fait de la présence de molinies, notre intervention a consisté en un abattage d’arbres, puis en un débroussaillage systématique des espèces arbustives. Seuls quelques aulnes, saules et peupliers blancs ont été préservés.

Les mares forestières
A part quelques arbres morts évacués, les deux mares situées en bordure de la RD35 sont restées en l’état. Ce n’est pas le cas des trois autres situées en contrebas du marais. Le couvert végétal étant devenu trop dense, elles étaient en partie comblées par l’accumulation de débris végétaux (branches, feuilles). Après une première phase de débroussaillage visant à rouvrir ce milieu, ces trois mares ont alors été recreusées jusqu’au niveau de la couche argileuse.

La prairie humide

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Mare recreusée au pied d’un rocher dans la prairie humide.

Située en rive droite de la Lèze, cette zone était fortement marquée par la colonisation de végétaux peu caractéristiques des milieux humides [1]. Pour permettre à la prairie humide de regagner du terrain, ces arbres et arbustes ont été systématiquement abattus et leurs souches rognées en vue de les éradiquer définitivement. Seuls les saules présents sur place ont été préservés, de même que la haie située à l’aval de la roselière du fait de la présence d’ophioglosses. Cette opération a permis de dégager deux mares au pied de deux gros blocs de poudingue présents sur le site. Elles ont été recreusées afin de les rendre propices au développement d’espèces spécifiques (batraciens).

Les berges de la Lèze

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A gauche de la Lèze : la prairie humide.

Aux abords immédiats de la Lèze dont le lit a été redressé lors de la construction de l’A49, seuls quelques saules et frênes ont été conservés. En rive gauche, pas d’intervention sur la forêt alluviale mais un déboisement sélectif a permis de supprimer de nombreux robiniers ainsi que les massifs de buddléias [2]. Même intervention en aval du ponceau, mais en rive gauche seulement car une noyeraie est présente en rive droite. Auparavant très boisées, les berges de la Lèze sont redevenues accessibles et ont beaucoup gagné en lumière.


Gestion

Les interventions effectuées cet hiver sur le site de la Genaudière, avec l’appui technique du service Environnement du Département, avaient pour principal objectif d’éclaircir le terrain et de bien cerner les enjeux en matière de biodiversité en milieu humide. Débarrassé des espèces végétales non spécifiques, le site va fortement évoluer au printemps et durant l’été. Les observations que les techniciens départementaux effectueront sur site seront essentielles pour déterminer les actions qui devront être menées par l’AD durant les prochaines années. Parmi elles figureront la restauration de la diversité du lit de la Lèze et celle du franchissement piscicole depuis l’Isère.

Feuille de route

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Les milieux naturels concernés :
- le marais (1 700 m2)
- la prairie humide (6 400 m2)
- le boisement en rive gauche de la Lèze
(3 400 m2)
- les berges de la Lèze (1 000 m2)
- les mares forestières (2 700 m2)
- le lit de la Lèze.

Les interventions retenues :
- arrêt de la progression des ligneux sur les milieux humides
- maintien et extension du caractère humide du site
- élimination des espèces invasives (robiniers, buddleias, solidages, renouées)
- restauration de la diversité du lit de la Lèze
- restauration du franchissement piscicole de la Lèze depuis l’Isère.

Plan du site de la Genaudière

Plan du site de la Genaudière (L\'Albenc) copieCliquez pour ouvrir en grand !

Fiche technique


- Maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre : AD
- Travaux réalisés par Rival Environnement
- Débroussaillage : 1 ha
- Fauchage : 4 500 m²
- Abattage : environ 170 arbres
- Montant total des travaux : 68 K€

Les molinies dans le marais

MoliniesEspèce végétale caractéristique des landes humides. Notez les « touradons », sorte de mottes constituées par les parties anciennes de la plante.

L’agrion de mercure

L'agrion de mercureVit près des sources, des ruisseaux et des fossés non pollués dans les zones méditerranéennes.

L’ophioglosse

Ophioglosse2Espèce de fougère à petit rhizome souterrain également appelée langue de serpent.

Territoire & histoire

Propriété du Département, le site de la Genaudière est constitué de parcelles rétrocédées au Département, entre 1997 et 2000. Ces parcelles avaient fait l’objet de plantations par l’AREA dans le cadre des mesures compensatoires suite à la construction de l’A49.

Situé à l’Albenc, entre la digue rive droite de l’Isère et l’A49, en amont immédiat du Pont de Saint-Gervais, ce site est traversé par le ruisseau de la Lèze avant son rejet à l’Isère. Sans être, pour l’instant, inscrit au schéma directeur des Espaces Naturels Sensibles, La Genaudière en possède tous les caractères.

Après un état des lieux réalisé en 2005, une notice proposait une liste de mesures à mettre en œuvre dans le but de le restaurer et de le préserver. Reprenant et complétant cette liste, un plan de gestion a ensuite été établi en 2008 pour le compte du Département mais le terrain n’a fait l’objet d’aucune intervention jusqu’à fin 2011.

Reprenant les objectifs et les actions précisées en 2008, c’est l’AD Isère Drac Romanche qui est désormais chargée de mettre en œuvre les travaux visant à restaurer les habitats naturels caractéristiques de cette zone humide.

Cette intervention programmée pour une durée de 5 ans se fait au titre des mesures compensatoires au remblaiement d’environ 4000 m2 de terrains situés en pied de digue dans la zone du Replat à Saint-Quentin-sur-Isère.

[1] Robiniers - faux acacia, frênes oxyphyles, troënes, cornouillers, viornes…

[2] Espèce végétale invasive, tout comme l’est le robinier.

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