Digues 2013 : un rendez-vous fructueux


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> Créé le 28 juin 2013 | Modifié le 25 novembre 2013
61En juin, le colloque sur les digues maritimes et fluviales de protection contre les submersions a été l’occasion de faire le point sur la mise en œuvre de la nouvelle réglementation et de partager la connaissance et l’expérience de très nombreux acteurs du monde des digues en France.

Neuf ans après le premier colloque technique qui avait permis de rassembler de nombreux acteurs du monde des digues, un nouveau rendez-vous était organisé du 12 au 14 juin 2013 à Aix-en-Provence par IRSTEA [1] et Promosciences, avec le parrainage du MEDDE [2] et du CFBR [3]. Neuf ans plus tard et suite à de nombreuses évolutions d’ordre réglementaire ou scientifique, force est de constater que le paysage n’est plus le même (lire en bas de page).

Alors qu’à Orléans, une forme d’état des lieux des endiguements avait été dressé - avec une approche des méthodes de reconnaissance, de surveillance, de l’élaboration d’un diagnostic, de la maintenance et du confortement des ouvrages - le colloque d’Aix était lui beaucoup plus ciblé. Exit les digues de canaux navigables et d’aménagements hydro-électriques, le centre d’intérêt est désormais porté sur un type d’ouvrage précis : les digues protection contre les inondations, qu’elles soient maritimes ou fluviales (1 200 km de digues maritimes et plus de 9 000 km de digues fluviales sont recensées au niveau national).

A propos de digues sèches

Les digues de protection (également appelées digues sèches) sont des ouvrages à grand linéaire, ce qui conduit à certaines spécificités par rapport aux barrages :
- contraintes fortes concernant les emprises et les matériaux, fondation parfois de moins bonne qualité que le corps de digue lui-même ;
- dispositif d’auscultation absent ou très réduit, impossibilité d’analyser le comportement de l’ouvrage au premier remplissage, peu de suivi et d’analyse périodique ;
- hétérogénéité à plusieurs échelles et nombreux ouvrages enterrés ou traversant ; recours à des méthodes à grand rendement pour leur reconnaissance et leur surveillance ;
- nécessité de méthodes pour optimiser leur maintenance et leur réparation, dans un contexte de ressources limitées ;
- difficulté à identifier la localisation d’éventuelles ruptures et à évaluer leurs conséquences.

Centrées autour de ces spécificités, les communications effectuées dans le cadre du colloque d’Aix-en-Provence ont permis à environ 400 personnes venus d’horizons très variés [4] de bénéficier de nombreux échanges, réflexions et retours d’expériences sur les avancées scientifiques et techniques récentes (lire la liste des thématiques abordées).

Sûreté et efficacité

DSC_1453Cinq ans après la mise en œuvre de la nouvelle réglementation sur les ouvrages hydrauliques, le colloque a aussi permis de préciser certains points, notamment sur les études de dangers. Celles relatives aux digues de classe A de Gières et de la rive gauche du Drac ont d’ailleurs fait l’objet de communications cosignées par le Symbhi, Artelia et l’AD Isère Drac Romanche.

L’article L.562-8-1 du code de l’environnement invite à ne plus dissocier la sûreté de l’efficacité. En tant qu’ouvrages hydrauliques, les digues ne doivent pas rompre de façon dangereuse pour les populations. En tant que moyen de prévention du risque d’inondation ou de submersion, leurs performances et leurs limites doivent être connues avec précision.

« L’étude de dangers est un concept issu du monde industriel » souligne Michel Pinhas, directeur de l’AD. « Elle est censée étudier les modalités de défaillance d’une installation de production. Appliquée aux digues de protection, la notion d’études de dangers revêt un caractère particulier. Au-delà de la définition du niveau de sûreté, l’Etat nous invite donc désormais à préciser davantage le niveau de protection de nos ouvrages hydrauliques » ajoute-t-il.

Rassemblement

Trois semaines après son assemblée générale constitutive, il a également beaucoup été question de France Digues à Aix-en-Provence. Dans son discours inaugural, Marc Jacquet, représentant la Direction Générale de la Prévention de Risques a invité la centaine de gestionnaires de digues présents à rejoindre cette association nationale qui a pour ambition de devenir le groupement d’intérêt public de référence en matière d’ouvrages hydrauliques de protection. Une invitation relayée par Jean-Michel Tinland, président du CFBR, lors de la clôture du colloque.

>>> Crédits photos du colloque : Fuuram-Photos et Exaphotographie.

Une décennie sur les digues

- 2003. Première circulaire ministérielle relative à l’organisation du contrôle (abrogée depuis).
- 2004. Colloque technique sur la « Sécurité des digues fluviales et de navigation » à Orléans.
- 2006. Loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA, 30 décembre).
- 2007. Décret portant sur la réglementation relative aux ouvrages hydrauliques (11 décembre).
- 2008-2009. Promulgation des arrêtés et circulaires en application du décret de 2007.
- 2011. Présentation par l’Etat du Plan Submersions Rapides.
- 2013. Colloque national sur «  les digues maritimes et fluviales de protection contre les submersions » à Aix-en-Provence.

Digues 2013

Digues 2013

Exposé de Véronique Platz, ingénieur chargée de l’instruction des études et du système d’information et de gestion à l’AD.

Digues 2013

Exposé de Patrick Argentier - conducteur des travaux à l’AD.

Tous les thèmes du colloque

1. Aspects réglementaires, niveau de protection, niveau de sûreté, responsabilité des gestionnaires.
2. Organisation des gestionnaires de digues, moyens humains et outils, les digues au sein d’un système de protection.
3. Analyse coût-bénéfice d’un système d’endiguement comme élément d’aide à la décision.
4. Aléas auxquels sont soumis les ouvrages, en particulier pour les digues maritimes.
5. Modes de rupture, scénarios et mécanismes : érosion interne et de surface, fluidisation, liquéfaction.
6. Méthodes de reconnaissance, essais de laboratoire, essais et mesures in situ, y compris les coûts.
7. Modélisations physiques, mathématiques et numériques (géomécanique, hydraulique, modèles réduits).
8. Les déversoirs, les zones résistantes à la surverse.
9. Etudes de dangers et revues de sûreté.
10. Surveillance, entretien et maintenance, y compris les coûts.
11. Techniques de construction, réparation, confortement et renforcement, spécificités de ces chantiers, y compris les coûts.

Téléchargez :
- le programme du Colloque Digues 2013
- la liste des participants
- la liste des communications pour chaque thème

Le Symbhi était là aussi...

... représenté par Mathieu Grenier, chef de projet Romanche Séchilienne, et Olivier Manin, chef de projet Isère amont.

[1] IRSTEA (ex CEMAGREF) : Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture.

[2] MEDDE : Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie.

[3] CFBR : Comité français des barrages et des réservoirs.

[4] Ce colloque s’adressait aux maîtres d’ouvrages, gestionnaires, concepteurs, constructeurs, enseignants et chercheurs, services de contrôle, organismes financeurs, agissant dans les domaines d’activités liés, directement ou indirectement, à la sûreté des digues maritimes et fluviales.

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