Digues et réseaux font-ils bon ménage ?


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> Créé le 27 novembre 2012 | Modifié le 29 novembre 2012
Aux côtés de Michel Pinhas, directeur de l'AD, et face aux inspecteurs de la DREAL, Patrick Argentier, responsable des travaux, expliquant le fonctionnement de la vanne automatique installée à l'extrémité aval de la buse de franchissement du Ruisset au travers de la digue de Veurey-Voroize.Pour des raisons de sécurité publique, les réseaux enterrés ne sont plus les bienvenus dans les remblais que constituent nos digues. Leur présence constitue des points de fragilité et génère des contraintes importantes.

Ouvrages de protection contre les inondations, les digues n’ont pas été conçues à l’origine pour héberger des réseaux enterrés. Pourtant, sur le tracé des digues, ils sont bien là et de nature très diverse. On y trouve quelques canalisations longitudinales dont les deux plus importantes représentent plus de 12 % de notre linéaire (voir la liste).

Leur présence de longue date s’explique par le fait que, dans les secteurs urbanisés, emprunter un remblai rectiligne est plus facile que d’ouvrir des chaussées et croiser d’autres réseaux. On trouve aussi, traversant nos digues, une centaine d’ouvrages constituant des exutoires de rejet pour des eaux de drainage ou de process.

Des contraintes de gestion

Les canalisations constituent des points de fragilité dans une digue constituée de remblais et il convient de les surveiller pour déterminer si l’intégrité de la digue n’est pas menacée.

En effet, les réseaux longitudinaux sont souvent installés sur des lits de pose constitués dans un matériau drainant différent du matériau constitutif de la digue. Ils peuvent donc être déclencheurs de phénomènes d’érosion interne quand la digue est en charge.

Quant aux ouvrages maçonnés ou aux buses traversant la digue, qu’ils soient ou non équipés de clapets ou de vannes, nous devons nous assurer leur fonctionnement ne nuit pas à celui de la digue, même si nous n’en sommes pas propriétaires.

Les contraintes peuvent s’avérer bien plus importantes – occasionnant par là des surcoûts – quand nous devons programmer ici ou là des travaux de confortement. Dès qu’il s’agit de terrasser, impossible de s’approcher trop près des canalisations enterrées sous peine de les déstabiliser. Parfois, comme à Seyssins en 2005 et à Fontaine en 2009, il faut aménager un remblai ou mettre en œuvre des dalles de répartition de charge permettant aux engins de chantier de circuler en crête de digue sans mettre en péril la conduite enterrée.

Bienvenue en pied de digue !

L’AD hérite d’une situation de fait qui ne sera pas remise en cause. Mais, pour faciliter nos missions, il a été décidé que toute nouvelle installation de réseau devra se faire en pied de digue.

Ce fut le cas en 2007 lorsque la Régie des Eaux de Grenoble avait envisagé d’installer une conduite d’eau potable traversant l’Isère et ses 2 digues, au niveau du pont du tram, à La Tronche. Le projet originel prévoyait que la conduite devait être installée à flanc de talus. Au final, la canalisation a été posée dans une bande de 3 m de large située à l’écart de la digue et à une profondeur de 1 m sous le niveau du terrain naturel.

En levant le nez…

En RG de la Romanche, la ligne 63 kV consignée entre le 12 et le 15 octobre 2010.Les lignes haute tension aériennes ne sont pas moins contraignantes quand elles sont trop basses pour que nos travaux puissent être entrepris sans danger pour les conducteurs d’engins mécaniques.





Dans la plaine d’Oisans, la présence de lignes HTA conduit même parfois RTE à consigner partiellement une ligne de 63 kV. Ce fut le cas notamment en 2007, entre La Bayette et Bourg-d’Oisans, à l’occasion du confortement de la digue de la Croix du Plan.

Plus récemment, en 2010, c’est pour la réfection d’une piste située en rive gauche de la Romanche que la ligne a dû être consignée.

Longitudinal

17 km de conduite de gaz naturel parcourent les digues de l’Isère.

Traversant

Rejet d’eaux usées traversant la digue de la Romanche.

Des conventions-cadres

L’AD est liée aux gestionnaires de réseaux par des conventions. Du fait de la remise en gestion des digues, l’AD a repris à son compte celle signées antérieurement par les AS.
- Chaque convention établit les règles régissant nos engagements mutuels si l’une des 2 parties programme des travaux sur l’ouvrage dont il assure la gestion ou l’exploitation.
- La présence d’un réseau dans le domaine public est placée sous le régime de l’autorisation précaire et révocable. En cas de nécessité, l’exploitant peut être appelé à déplacer son ouvrage. Il devra alors assurer entièrement le financement des travaux. Le traitement d’éventuels dommages - directs ou indirects - occasionnés aux digues est aussi à sa charge.
- Les réseaux publics ne sont pas redevables pour leur occupation. Par contre, l’AD perçoit, entre autres, des redevances de la part de Chloralp et de GRTgaz.

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