Droit de suite en matière de racines


Accueil > Digues et végétation > Racines et corps de digue > Droit de suite en matière de racines
> Créé le 26 juin 2014 | Modifié le 27 juin 2014
Juin 2014 : exhumation du dispositif expérimental à Grangeage.Dans le cadre du dispositif expérimental destiné à suivre l’évolution de la décomposition des racines ligneuses dans le temps, les échantillons enterrés dans la boucle de Grangeage en 2008 ont fait l’objet de nouveaux prélèvements instructifs en juin 2014.

Le protocole rigoureux mis en place par l’IRSTEA en mars 2008 court sur une période de 10 à 15 ans. L’objectif est de caractériser – dans le temps - le processus de dégradation de la structure de 200 échantillons de racines de peuplier, de chêne, de frêne et de robinier (faux acacia). Après les premiers prélèvements effectués en 2010 puis 2012, Gisèle Bambara - ingénieur doctorante à l’IRSTEA [1] - était de retour les 16 et 17 juin 2014 afin de prolonger la mission initiée il y a 6 ans par Caroline Zanetti.

Des racines molles

Les premières observations effectuées sur le terrain montrent une diminution du poids frais de chaque échantillon prélevé, mais cette donnée n’est pas significative car elle dépend étroitement des conditions climatiques durant les jours qui précèdent. Par contre, le « test au couteau » a lui été riche en enseignements. Pour les 4 espèces d’arbres concernées, la lame traverse entièrement les racines de diamètre 2 et 3 cm, ce qui implique une décomposition des échantillons, alors que « la tenue au couteau » est toujours effective pour les diamètres 5, 8 et 10 cm. Six ans après leur mise en terre, et bien que manipulables, la mollesse des échantillons de 2 et 3 cm de diamètre pourrait se traduire par une augmentation du risque de rupture des ouvrages par érosion interne (entrainement des matériaux par un écoulement préférentiel se développant au sein du remblai)

Les échantillons récoltés à Grangeage (Meylan, en rive droite de l’Isère), ont ensuite été acheminés vers le centre d’IRSTEA d’Aix-en-Provence où ils feront l’objet d’analyses quantitatives après une période de séchage qui durera environ deux mois à température ambiante. Elles permettront de mesurer indirectement l’évolution de la dégradation des racines au cours du temps. Deux types d’analyses seront effectués : l’estimation de la masse volumique des échantillons par déplacement d’eau et l’estimation de l’évolution de la dégradation des composés chimiques de la racine par spectrométrie proche infrarouge (SPIR). L’objectif est de suivre et de comprendre – selon les essences et les diamètres de racines - l’évolution de la dégradation de chaque composé chimique du bois : la cellulose, l’hémicellulose et la lignine (lire encadré).

Une démarche scientifique

A l’automne prochain, l’ensemble des résultats obtenus à partir des morceaux de racines prélevés en juin dans la boucle de Grangeage seront croisés avec ceux obtenus sur les échantillons de racines issues de souches d’arbres déterrées en août dernier sur la digue du Cheylas. Il s’agira alors de comparer les données récoltées dans deux situations distinctes : les premières avec des morceaux de racines volontairement enterrés dans le cadre du protocole expérimental mis en place en 2008 à Grangeage, les secondes avec des racines entières restées sur souche, sachant que la date de coupe de la partie aérienne de ces arbres est connue (2008). Cette démarche scientifique de comparaison de données est destinée à déterminer les incertitudes existant sur le dispositif expérimental lui-même. Résultats à l’automne prochain.

Bois dur, bois tendre
- Le duramen (du latin durare : durer) est la partie interne du bois. Il correspond aux zones d’accroissement les plus anciennes et ne comporte plus de cellules vivantes. Appelé également « bois de cœur » ou « bois parfait », il s’agit d’un bois dur, compact, dense, sec et imputrescible, souvent plus sombre que l’aubier.
- L’aubier (ou aubour) est la partie de l’arbre située juste sous l’écorce. Il est généralement tendre et blanchâtre. Cette partie correspondant aux zones d’accroissement les plus récemment formées contient des cellules vivantes. Il est généralement plus sensible aux attaques des insectes xylophages car plus riche en protéines.

IRSTEA

Gisèle Bambara, IRSTEA.Gisèle Bambara, ingénieur doctorante à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture.

Peuplier

Paniers de racines de peuplier déterrés à Grangeage en juin 2014.

Eponge

Echantillon de peuplier diamètre 2 très mou au touché (éponge)Echantillon de racine de peuplier de diamètre 2 cm, très mou au touché, comme une éponge.

Insecte xylophage

Larve de Lucarne cerf-volant.Larve de Lucarne cerf-volant retrouvée dans un échantillon de robinier. La dégradation de cet échantillon est plus avancée que celle des autres.

D’autres pages sur le même sujet

[1] IRSTEA (ex Cemagref) : Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture.

Espace privé | Plan du site | Contact | Mentions légales | Spip | Lettre d’information | Haut de page