Ephémères racines


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> Créé le 22 novembre 2013 | Modifié le 22 novembre 2013
Insectes, champignons, bactéries… Les agents œuvrant en faveur de la décomposition des racines sont bien connus. Mais d’autres facteurs expliquent que le processus s’étale plus ou moins dans le temps.

Depuis 2008, la décomposition des systèmes racinaires sur les digues de l’Isère est surveillée par Irstea. Plusieurs facteurs jouent un rôle dans le processus de décomposition : la pluviométrie, la température, la composition du sol, la proximité de la rivière… Selon l’essence des arbres, les racines évoluent diversement.

A la différence du chêne ou du frêne, le bois très ligneux du robinier faux-acacia supporte mal l’alternance de périodes humides et sèches. Le processus de dégradation s’en trouve donc accéléré alors que, pour le frêne et le chêne, hormis une perte en densité constatée au bout de 4 ans, la structure du bois subit peu d’évolution. Sous l’action de l’humidité, l’écorce de la racine se feuillette et son cœur devient spongieux, favorisant ainsi l’action des agents destructeurs.

Une gestion préventive

La vitesse de décomposition des racines étant plus forte pour le robinier et le peuplier, leur présence doit être limitée sur nos digues, surtout sur les talus situés côté terre. Laisser les racines pourrir dans le sol c’est prendre le risque que la digue ne puisse plus remplir sa fonction d’ouvrage de protection au moment des crues. Ses caractéristiques premières étant altérées du fait de l’apparition de galeries internes non visibles, ses performances sont forcément amoindries.

« Pour prévenir l’apparition de tout risque ultérieur, il est préférable d’abattre et de dessoucher les arbres trop développés » explique Caroline Zanetti qui dirige le bureau d’études Arbeausolutions. «  L’idéal serait de dessoucher immédiatement après la coupe car la décomposition des racines est susceptible de fragiliser l’ouvrage. Mais le faire implique souvent de devoir réparer le talus, de rapporter et de compacter des matériaux » souligne-t-elle encore. « Aussi, en termes de gestion, ce que nous recommandons c’est un abattage programmé dans le temps et un dessouchage sélectif. C’est la seule façon de maîtriser les dépenses et d’atténuer tout processus de vieillissement prématuré de l’ouvrage hydraulique ».

Recherches souterraines

Avant de créer Arbeausolutions où elle intervient à titre d’experte-conseil en gestion de la végétation implantée sur les digues, Caroline Zanetti avait effectué un travail de recherche à l’Irstea. Son objectif était de caractériser en laboratoire le processus de décomposition de racines prélevées sur une centaine d’arbres dont bon nombre sur nos digues. Doctorante à l’Irstea, Gisèle Bambara poursuit aujourd’hui cette mission en élargissant le champ de recherche aux racines restées dans le sol des ouvrages hydrauliques. A ce titre, elle s’est déplacée en août dernier sur la digue du Cheylas pour y effectuer des mesures et des prélèvements sur plusieurs souches d’arbres. Elle était accompagnée par Benjamin Mary qui lui, en tant que géophysicien, mène une étude qui le conduira à tester des méthodes de détection permettant de caractériser les systèmes racinaires sans avoir à les déterrer. L’AD étant partenaire de ces 2 projets, l’écho des digues vous tiendra informé des résultats obtenus.

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- La face cachée des arbres
- Les géants du dessous
- La trouble vie des racines dans un corps de digue

Dessouchage au Cheylas

Avec le temps...

Le cœur devient spongieux, favorisant l’action des agents destructeurs.

... tout s’en va !

Souche attaquée par les champignons.

TITRE

Les racines laissent place à des canaux...

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