Une berge à ossature métallique


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> Créé le 31 mai 2009 | Modifié le 3 juillet 2012
21 avril. Pose des panneaux sur le talus recouvert par le géotextile.Le chantier de la berge située en rive droite de l’Isère, en amont du Pont de Domène, a été l’occasion de mettre en œuvre une nouvelle technique de confortement. Le talus est aujourd’hui protégé contre l’érosion par des panneaux en acier galvanisé remplis de matériaux concassés.

En direction de Bois Français, au droit même du circuit de mini-voitures, le talus était fortement dégradé depuis la crue de mai 2008. Comme prévu, le chantier de réfection réalisé par l’entreprise Carron a débuté le 23 mars 2009 par la réalisation en pied de berge d’une banquette longue de 100 m, destinée à conforter le pied de talus et à servir de piste de chantier. Un parement classique en enrochements a alors été mis en œuvre sous le pont de Domène. Puis le talus situé en amont du pont a été purgé des mauvais matériaux avant d’être reconstitué en matériau tout-venant compacté. Le 21 avril, la pose d’un géotextile sur le talus reconstitué est venue achever la phase classique d’un chantier de confortement. En effet, compte tenu du fait que ce talus n’est pas une digue au sens propre du terme et qu’il s’agissait de remédier ici à un problème d’érosion sur un espace limité, l’AD Isère Drac Romanche a décidé de tester - pour la première fois - une nouvelle technique de confortement : le système Krismer, également désigné sous le terme de panneaux JK.

Protection galvanisée
Les panneaux JK sont basés sur un procédé constructif connu dans le monde du bâtiment où ils sont associés au béton. Fabriqués par un industriel autrichien, ceux-ci étaient, au départ, destinés à renforcer des tunnels. C’est leur concepteur - Rainer Krismer, installé à Innsbruck - qui a eu l’idée de les utiliser également pour protéger des terrains contre l’érosion ou aménager des berges de rivières. Et ce, bien sûr - intégration environnementale oblige - sans béton ! Adapté à de fortes pentes, ce système est couramment utilisé en Autriche, en Suisse, en Allemagne et en Italie (plus d’un million de m² posés à ce jour), mais encore peu utilisé en France, surtout pour résoudre des problèmes hydrauliques. C’est sur les conseils des dirigeants d’Avaroc qui en assure la promotion exclusive dans plusieurs pays dont la France que l’AD a décidé de l’utiliser à Montbonnot-Saint-Martin.

Comme l’a montré ce chantier, le principe est simple. Après leur assemblage pour couvrir la surface nécessaire, les panneaux tridimensionnels sont disposés en biais sur le talus recouvert d’un géotextile. Puis ils sont rivés dans le sol au moyen de barres de fixation et de clous d’ancrage d’une longueur de 1,50 m. Immobilisée, l’ossature métallique est alors remplie à la pelle mécanique de matériaux de carrière concassés de calibre 40/60 mm. Des interventions manuelles avec un râteau sont ponctuellement nécessaires afin d’assurer le bon remplissage des alvéoles de la structure métallique. En pied de berge et sur les côtés, un grillage posé entre le géotextile et la structure JK est ensuite rabattu puis attaché, ceci pour éviter tout mouvement des cailloux en cas de forte action de la rivière.

Simple et rapide
Nombreux sont les responsables techniques venus voir sur site comment cette technique était mise en œuvre par l’AD Isère Drac Romanche. Notre responsable de travaux - Patrick Argentier - y voit deux avantages : le faible encombrement de la structure et son installation facile. « Pour une épaisseur moindre, la résistance obtenue est équivalente à celle d’un matelas de gabions » souligne-t-il. « Il faut pouvoir disposer d’une équipe de 4 à 5 personnes, mais le montage est plus simple et plus rapide que pour des gabions » ajoute-t-il.

Début mai, les finitions sur l’accotement étant terminées, la circulation a pu reprendre sur la piste cyclable. En pied de berge, la pelleteuse a achevé son intervention en réduisant la largeur de la banquette à 3 mètres. En effet, celle-ci est maintenue car, outre le fait qu’elle assure une protection, elle permettra à l’AD d’assurer sa mission de surveillance depuis le pied de la berge et aussi d’évaluer comment ce système évolue dans le temps.

A l’automne 2009, le talus a été recouvert de terre végétale et ensemencé. A cette occasion, en lieu et place du traditionnel treillis coco, l’AD a testé la membrane Soil Guard, épandue par hydroseeding [1]. Appliqué par projection hydraulique, le mélange épouse les contours du sol puis, en séchant, forme une membrane de protection. Même soumise au ruissellement pluvial, elle permet de fixer et de conserver le sol et le mélange grainier. Une fois la végétation développée, elle se décompose tout en enrichissant le sol. Outre le fait que ce dispositif possède les qualités d’un géotextile, il permet une réduction importante des coûts de mise en œuvre.

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10 juin 2008. La berge dégradée, vue du Pont de Domène, avant les travaux.
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20 avril 2009. Au dessus de la piste de chantier, la berge reconstituée.
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7 mai 2009. Vue après travaux, une fois la banquette réduite en pied de berge.

Documents de travail

A voir pour tout savoir :
- Plan des travaux de confortement de la berge entre les PK 33 430 et 33 530. Echelle : 1/200.
- Coupe type du confortement de la berge.

21 avril 2009

Pose du géotextile sur le talus reconstitué.

23 avril 2009

L’ossature est remplie de matériaux de carrière.

23 avril 2009

Gros plan sur le remplissage de l’ossature.

Panneau standard

Réalisé sans soudure, par découpage original puis déploiement de tôle galvanisée, chaque panneau est constitué de deux faces de membrures reliées entre elles par des jambages au niveau des nœuds.
- Voir la structure du panneau standard.
- Voir le schéma d’installation des panneaux.
- D’autres informations sur le site d’ Avaroc.

Fiche technique

Maître d’ouvrage : AD Isère Drac Romanche.
- La berge
Banquette constituée en matériau 0/400mm.
Calibre des blocs sous le pont : 100/400 kg.
Sur le talus : apport de matériaux compactés de type D3 et restitution d’une pente de 3 pour 2.
- Le panneau JK
Longueur : 3 m. Largeur : 1,20 m. Epaisseur : 8 cm. Surface : 3,60 m2. Volume : 0,29 m3. Poids : 12 kg.
- Coût total du chantier : 160 000 € TTC.
Nombreux sont les responsables techniques venus voir sur place comment cette technique a été mise en œuvre. Ainsi, Philippe Grandsert de la Direction de l’ingénierie au département des lignes SNCF a fait le déplacement le 8 octobre dernier, intéressé pour la stabilisation de certains de ses talus de remblais ferroviaires.

[1] En vue de recréer un couvert végétal durable, cette technique consiste à mettre en œuvre une émulsion comportant eau, semences herbacées, activateur de croissance, fixateur et couverture de semis.

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