L’impact des coups de vent sur nos digues


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> Créé le 11 novembre 2017 | Modifié le 11 novembre 2017
Crête de digue obstruée par des branchages suite au coup de vent du 14 juin 2017.L’augmentation de la fréquence des coups de vent génère un problème spécifique quant à la gestion des digues. Les conséquences sur la végétation peuvent impacter le corps d’un ouvrage hydraulique et représenter un danger pour les usagers.

Un coup de vent, dixit Météo-France, est un phénomène météorologique caractérisé par des vents supérieurs à 62 km/h. Au-delà de la vitesse de 89 km/h constatée, on évoque le terme de tempête. Ces dix dernières années, le département de l’Isère a subi localement différents épisodes de coups de vent, d’intensité variable, avec des vents mesurés entre 70 et 90 km/h, et dont certains affichaient des rafales à plus de 100 km/h. Ces phénomènes dont la fréquence et l’amplitude ne cessent d’augmenter n’épargnent pas la végétation arborée implantée sur les digues, malgré une vigilance accrue de l’équipe de l’AD chargée de l’entretien forestier.

La topographie spécifique de nos digues, un espace ségonnal réduit voire absent, accentue leur vulnérabilité : la végétation des berges fonctionne comme une lisière qui représente un obstacle à la circulation des vents et les arbres y sont soumis à des turbulences particulières.

Chaque arbre basculé fait l’objet d’un désordre relevé dans notre logiciel de gestion des digues, SIRS Digues, permettant une visualisation cartographique des dégâts. On peut ainsi identifier des zones particulièrement sensibles aux coups de vent : des couloirs d’engouffrement semblent ainsi se dessiner en aval de Grenoble. En effet, au cours des trois derniers épisodes de coups de vent survenus en novembre 2016, en juin et août 2017, les plus importants dommages ont eu lieu en rive droite des digues de l’Isère aval entre Saint-Égrève et Poliénas et en rive gauche entre le pont de Saint-Gervais et le pont de Veurey. Cette zone centralise une grande partie des sinistres constatés après les événements climatiques (lire ci-contre).

Les conséquences sur nos ouvrages

Les premiers désordres visibles liés aux basculements d’arbres et aux volis [1], sont l’entrave à la circulation et les problèmes de sécurité des usagers sur la crête de digue. Ces désordres sont toujours traités en priorité par nos équipes (lire : qui fait quoi ?).

Par ailleurs, les racines soulevées par l’arrachage des arbres peuvent emporter un volume conséquent de matériaux constitutifs de la digue ; c’est alors la résistance de l’endiguement qui est menacée. Les racines arrachées sont susceptibles de déstructurer le pied de digue en cas d’enracinement profond, notamment sur l’Isère, où, dans un perré maçonné assez ancien, les racines sont venues se loger dans les fissures et les joints. Les dégâts occasionnés ont nécessité le démontage du perré et son remplacement par des enrochements.

Enfin, les chablis [2] peuvent aussi basculer dans le cours d’eau et contribuer à la formation d’embâcles, générateur de risque de surverse pour nos ouvrages en cas de crue.

Comment réduire la sensibilité au vent ?

Dans le cadre de la gestion de ses ouvrages, l’AD procède en priorité à un rajeunissement de la population boisée en place. Une surveillance particulière du vieillissement des boisements via le plan de gestion de la végétation, permet d’identifier les actions prioritaires telles que l’enlèvement des gros arbres à risque de basculement. Lors de la coupe de ces arbres, il faut être vigilant à ne pas laisser en place des arbres isolés qui seront d’autant plus sensibles au vent s’ils ont grandi en bosquets.

Pour autant, il est important de souligner que des arbres plus jeunes peuvent aussi causer des dégâts. Citons à titre d’exemple, les racines traçantes des frênes et des acacias. Ces essences ont une croissance racinaire conditionnée par la qualité du substrat et l’humidité du sol : le sol graveleux de nos digues, peu cohésif, ne permet pas un enracinement solide, accentuant de fait leur vulnérabilité au vent. Le type d’essence est donc un facteur important en termes de risque lié à la présence de végétation. Le peuplier blanc, par exemple, a un système racinaire peu développé mais avec une croissance très rapide des parties aériennes ce qui le rend particulièrement sensible au risque de basculement. C’est, de plus, un arbre très cassant, qui occasionne de nombreux désordres suite aux intempéries, arbres encroués, embâcles, etc.

L’un des autres moyens pour réduire la sensibilité des digues au coup de vent est de favoriser une végétation arbustive adaptée. Ainsi, lors de la végétalisation après une intervention de confortement, l’AD privilégie les plantes arbustives et buissonnantes comme le noisetier, le cornouiller ou l’aubépine, permettant de stabiliser le sol grâce à leurs radicelles et de conserver une bonne visibilité du corps de digue.

Numéro d’urgence !

Si vous constatez un problème de circulation ou de sécurité pour les usagers sur nos digues :
- repérez le plus précisément possible l’endroit exact où vous vous trouvez : numéro de la borne AD la plus proche (implanté environ tous les 200 m) ;
- contactez l’AD Isère Drac Romanche au 04 76 48 81 00.
- Hors jours ouvrés, les pompiers peuvent également intervenir localement en cas d’urgence.

Secteurs impactés par les coups de vent

Les statistiques des dix dernières années, permettent de constater des pics de survenance durant les mois de mai, août et octobre et une localisation des plus gros dégâts très confinée à la rive droite de l’Isère aval. Sur la période 2008-2017, le secteur entre Saint-Égrève et Poliénas représente à lui seul un coût d’intervention de 83 000 euros alors que ce dernier n’est que de 25 500 € sur la rive opposée, entre Noyarey et Saint-Gervais. Le coût sur l’Isère amont est bien moindre : 13 000 € pour l’ensemble des deux rives entre Pontcharra et Grenoble.

Usagers de la piste cyclable

Gêne occasionnée par la chute d’un arbre sur la rive droite de l’Isère en aval de Grenoble.

Embâcle

Arbre basculé dans l’eau, emportant un bloc dans ses racines.

Dommages

Bosquet de peupliers blancs cassés par une rafale.

Qui fait quoi ?


- Suite à un fort coup de vent, la tournée de nos agents s’organise rapidement pour établir un état des lieux. Après identification et localisation des dégâts et avec leurs moyens techniques, ils dégagent la piste en crête de digue sur 4 mètres de large au minimum (pour rétablir la circulation) puis évaluent les travaux devant être accomplis par une entreprise forestière.
- En coordination avec l’AD, le Département et Grenoble Alpes Métropole interviennent également dans le dégagement de la voirie ou des pistes cyclables dont ils sont gestionnaires. Le traitement des arbres (chablis ou volis) relève des obligations du gestionnaire de la digue.
- Au sein de l’AD, une réunion technique de concertation s’organise rapidement pour déterminer les étapes ultérieures, selon l’importance des dégâts. Les opérations d’élagage, d’évacuation et de nettoyage sont enclenchées via des marchés à bons de commande. Toute entreprise titulaire d’un marché forestier doit débuter les travaux commandés dans les 24 heures. Les chablis évacués alimentent la chaufferie de la Compagnie de chauffage urbain après broyage, permettant ainsi de réduire la facture globale d’intervention.
- Si l’événement entraine un désordre superficiel, l’AD effectue via une entreprise de travaux publics une remise en état le plus rapidement possible ; par exemple : remplacer des blocs sur une déstructuration mineure du pied de digue. En revanche, si la structure de la digue est plus endommagée, des travaux sont programmés après élaboration d’un avant-projet. Si nécessaire, des investigations complémentaires - telles des études géotechniques - sont mises en œuvre.

[1] Volis : arbres brisés sous l’action d’événements naturels (vent, foudre, neige, vieillesse).

[2] Chablis : arbres déracinés sous l’effet d’événements naturels.

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