La crue du 31 mai 2010


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> Créé le 14 juin 2010 | Modifié le 18 décembre 2014
31 mai 2010 - La crue de l'Isère au niveau du quai Charpenay situé sur la commune de La Tronche.L’événement s’est déroulé en une seule journée mais les hauteurs et les débits mesurés indiquent que cette crue est comparable à la crue décennale de fin mai 2008.

Une température douce aux derniers jours de mai, de fortes précipitations sur les bassins versants - voire même sur les sommets enneigés au-dessus de 2 000 m – il n’en faut pas davantage pour que les ruisseaux se gorgent d’eau puis viennent soudainement grossir les rivières de nos vallées alpines et menacer leurs berges. Une crue analogue s’était déjà produite entre le 26 et le 31 mai 2008. Cette fois-ci, le phénomène s’est déroulé en une seule journée - le 31 mai 2010 - mais en termes de hauteurs et de débits, il est comparable à la crue décennale d’il y a deux ans qouique légèrement inférieur.

Circonstances climatiques
Concernant les conditions qui prévalaient avant la crue, le SPC (Service de Prévention des Crues) des Alpes du Nord a dressé, dès le lendemain, un historique très précis : « Un premier épisode pluvieux a concerné le bassin de l’Isère dans la matinée du dimanche 30 mai, apportant en moyenne 20 à 40 mm en Savoie, et 10 à 20 mm sur les bassins du Drac et de la Romanche. Un second épisode pluvieux a démarré dans la soirée du dimanche 30 mai et s’est terminé en fin de matinée du lundi 31 mai. Il a encore apporté 30 à 50 mm en Savoie et 10 à 30 mm sur les bassins du Drac et de la Romanche ». On le voit en analysant ces chiffres : les précipitations ont été plus abondantes sur le bassin versant de l’Isère que sur ceux de la Romanche et du Drac. Ceci explique que cette crue a été plus remarquée sur l’Isère amont que sur Isère aval : les eaux du Drac n’ont guère amplifié le phénomène au-delà de Grenoble.

Déroulement de la Crue
Les jours précédant la crue de mai 2010, le débit moyen de l’Isère se situe en deçà de 400 m³/s. Dans la nuit du 30 au 31 mai, suite à l’épisode pluvieux du dimanche 30 au matin, il atteint le pallier de 500 m³/s entre minuit et 5 heures du matin. La montée des eaux se déroule de façon régulière, selon un gradient de 35 m³/h. Suite au second épisode pluvieux qui lui démarre dans la soirée du dimanche 30 mai, le pic de crue atteint Pontcharra (station de La Gâche) le lundi 31 vers 14 h : 920 m³/s (940 m³/s en 2008).

Environ 6 h plus tard, soit vers 20 h, c’est la ville de Grenoble qui, à son tour, est concernée, avec un pic de crue évalué à 800/840 m³/s, soit une hauteur de 3,10 m à l’échelle (chiffres 2008 : 840 m³/s). Cet épisode nocturne s’étale sur une durée de 2 à 3 heures. La descente intervient ensuite selon un gradient identique à celui de la montée pour atteindre 600 m³/s en 10 h, puis selon un gradient nettement plus faible en deçà : 16 h pour passer de 600 m³/s à 400 m³/s).

Sur Isère aval, le maximum de la crue est observé à Saint-Gervais dans la nuit du 31 mai au 1er juin, vers 1 h du matin, avec un pic à 1 200 m³/s , soit une hauteur de 4,78 m à l’échelle. A la différence de Grenoble-Bastille, l’écart avec les valeurs de 2008 (1 265 m³/s et 5,04 m à l’échelle) est plus marqué à Saint-Gervais. Ce qui confirme un épisode pluvieux moins marqué sur les bassins versants du Drac et de la Romanche en 2010.

Mesures de suivi de la crue
Dès le lundi 31 mai à 8 h, à l’initiative du SPC, l’état de vigilance est passé du vert au jaune, comme il se doit dès que le débit de l’Isère est supérieur à 500 m³/s. Selon la nomenclature officielle, cela signifie : « Risque de crue ou de montée rapide des eaux n’entraînant pas de dommages significatifs, mais nécessitant une vigilance particulière dans le cas d’activités saisonnières et/ou exposées ».

Pour l’AD Isère Drac Romanche - le gestionnaire des digues - cela s’est traduit d’abord par l’activation du dispositif alerte-crue auprès des entreprises choisies pour mettre en œuvre des mesures d’urgence, si besoin (1). Au sein de l’équipe technique de l’AD, deux agents ont été chargé de patrouiller sur Isère amont jusqu’à 19 h, et deux autres en aval de Grenoble. Le directeur et le responsable des travaux à l’AD ont eux circulé sur le secteur Domène-Grenoble, jusqu’à 21 h 30. Ces trois binômes sont restés en relation permanente avec notre secrétariat qui lui était susceptible d’être sollicité à tout moment par Guy Serreau, chef du "Bureau des risques naturels et courants" à la Préfecture de l’Isère (gestion des moyens de secours), et Alain Gautheron, responsable du SPC.

L’alerte jaune a été levée dès le mardi 1er juin à 8 h pour Isère aval, et seulement le lendemain à la même heure pour Isère amont. Le mercredi 2 juin, à 14 h, l’AD a donc notifié l’arrêt de l’alerte crue aux entreprises mobilisées deux jours plus tôt. Le lendemain, jeudi 3 juin, en vue de compléter les constats effectués lors des rondes de surveillance, des visites post-crues ont été organisées sur le terrain afin d’évaluer avec précision les désordres que les ouvrages hydrauliques ont subi par endroits.

Crues décennales...

En dix ans, Grenoble aura connu six crues flirtant avec la « décennale ». On qualifie de décennale toute crue susceptible de se reproduire tous les dix ans, ou qui a une chance sur dix de se reproduire chaque année. Cela dit, toutes les crues décennales ne sont pas identiques. Les bassins versants concernés par les précipitations ne sont pas forcément les mêmes, pas plus que les saisons durant lesquelles elles surviennent. Ainsi, la crue de 2001 s’est déroulée le 22 mars, celle de 2007 le 3 mars, alors que celles de 2008 et 2010 sont survenues fin mai. Parmi les crues historiques, rappelons que celle de 1948 s’était déroulée un 20 juin, alors que la fameuse crue bicentennale de 1859 est survenue un 2 novembre.
- Pour en savoir plus, consulter notre rubrique : Les crues historiques.

Meylan

Crue 31-05-2010 - Ile d\'Amour 005La berge de l’Isère à fleur d’eau.

Parc de l’Ile d’Amour

Crue 31-05-2010 - Ile d\'Amour 006La montée du niveau de l’Isère s’est traduite par l’évacuation des gens du voyage et la fermeture de la route menant à La Taillat.

Facteur 6 !

Il faut compter 6 heures pour que le pic de crue constaté à Pontcharra rejoigne Grenoble.
En phase de montée ou de descente des eaux de l’Isère, le temps qui s’écoule pour constater une variation de 1 m en hauteur est de 6 heures.
Lors de cette crue, le niveau de l’Isère a donc varié en moyenne de 15 cm par heure.

Saint-Martin-d’Hères

Crue 31-05-2010 - Campus 002Etat de la berge de l’Isère au niveau des terrains de sports du Campus universitaire.

Vu sur la toile...

Liens vers des pages web parlant de cette crue et montrant d’autres images :
- Le Dauphiné Libéré, 1er juin : La crue de l’Isère met le département en alerte.
- Sur le site de l’institut des risques majeurs : l’interview d’Alain Gautheron, chef du service de prévision des crues alpes du nord.
- Novopress Lyon, 1er juin : L’Isère en crue cause quelques inondations à Grenoble.
- Sur lePost.fr, 1er juin : La crue de l’Isère.
- Le Dauphiné Libéré, 2 juin : Inondations  : l’heure de la décrue.

Plaine des Voûtes à Gières

Crue 31-05-2010 - Gières les Voutes 011Par reflux des eaux de l’Isère, le niveau d’eau s’est élevé dans le Canal de Cheminade.

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