Comment lutter contre les autres invasives ?


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> Créé le 9 novembre 2010 | Modifié le 29 juillet 2011
La berge envahie par la renouée au niveau du pont du Funérarium. Ouvrages hydrauliques réalisés et gérés par l’homme, nos digues sont régulièrement soumises aux crues des cours d’eau. On y retrouve donc un nombre important d’espèces végétales nuisibles, autres que les renouées exotiques.

Sur les digues de l’Isère, du Drac et de la Romanche, la renouée du Japon est l’espèce la plus visible et la plus problématique, mais on y rencontre également une dizaine d’autres toutes aussi invasives. La plupart ont un fort impact négatif sur la biodiversité végétale indigène, l’ambroisie ayant même des conséquences sur la santé humaine car son pollen provoque de fortes allergies.

La littérature fournit de nombreuses méthodes de lutte contre ces invasives, mais il faut les adapter au contexte des digues [1]. Les herbicides étant proscrits à moins de 5 m des cours d’eau, ce type de gestion n’est pas réalisé par l’AD. Ce qui l’est par contre et qui fait partie de la mission de nos agents de terrain, c’est la prévention. Chacun d’eux sait reconnaitre ces plantes et intervenir de façon adaptée en fonction de l’espèce, de façon à pouvoir exercer une autre mission essentielle : l’inspection visuelle des ouvrages hydrauliques.

La lutte contre les plantes ligneuses - buddleia, robinier faux acacia, ailante, érable négundo – est délicate car le tronçonnage de ces arbres provoque des rejets de souche. Parfois utilisée, cette méthode n’est guère applicable à l’ensemble du peuplement. Par ailleurs, vu l’importante fréquentation humaine de nos digues, l’annelage est jugé dangereux : le risque est alors que l’arbre tombe ! La seule méthode envisageable est donc l’arrachage précoce des jeunes arbres qui doivent ensuite être brûlés. Les jeunes érables négundo peuvent également être écorcés.

L’ambroisie ne colonise que les sols nus. La meilleure technique de lutte est d’arracher la plante entière. Si les peuplements sont trop importants, on peut éventuellement la faucher avant la pollinisation. Si la fauche est réalisée trop tôt, l’ambroisie a le temps de repousser et de refleurir... Peine perdue. La production de pollen n’est empêchée que si la fauche est réalisée avant la floraison (fin août, début septembre).

Contre le solidage géant et les asters américains, il est possible de lutter en pratiquant une fauche deux fois par an, au printemps et juste avant la floraison. Les produits de fauche doivent être incinérés. Les asters peuvent également être arrachés si les peuplements ne sont pas trop importants. Les peuplements d’impatiente de l’Himalaya sont eux plus faciles à éradiquer : il suffit d’arracher ou de faucher la plante sous le premier entre-nœud, en commençant par l’amont de la rivière. L’élimination des tiges doit impérativement être réalisée avant la floraison, et il est possible de les composter.

Enfin, la vergerette du Canada et la fausse vigne vierge n’ayant pas, à priori, d’impacts sur la végétation indigène, le milieu ou les ouvrages hydrauliques, il n’est pas nécessaire de les soumettre à une gestion particulière. Néanmoins, nos agents suivent de près l’évolution des peuplements.

Bienvenue à la petite massette

La petite massette.S’il est des plantes à surveiller pour les éradiquer, il en est d’autres à repérer pour les sauvegarder. C’est le cas de la petite massette dont l’habitat est lié aux paysages fluviaux alpins. On la rencontre sur les berges humides et recouvertes de dépôts limoneux. Généralement dépourvues de feuilles, les tiges fertiles atteignent 80 cm de hauteur et sont dotées d’épis mâles et femelles séparés par un intervalle. Nos agents ont pour consigne de ne pas intervenir sur cette plante durant la période végétative. Par contre, après la floraison qui s’étend de mai à juin, la fauche est possible. Les graines sont disséminées sur place. A la faveur d’une petite crue, elles s’en iront former de nouvelles colonies sur une autre rive limoneuse.

Le buddleia ou arbre aux papillons

buddleia

L’ambroisie

Ambrosia_artemisiifolia.

Sur la digue du Ravoux (La Rivière)

26 août 2010 : la berge envahie par l'ambroisie. Suite au confortement réalisé en janvier, l’emploi d’une terre contaminée a sans doute permis à l’ambroisie de coloniser le sol resté nu.

La digue du Ravoux le 6 octobre 2010.Une fauche avant la floraison a été réalisée fin août, suivie début septembre d’un ensemencement d’herbacées. Début octobre, le site est reverdi mais il reste sous surveillance.

[1] Lire l’intégralité du rapport remis par Maëlle Le Berre (Master 1 Biodiversité Ecologie Environnement), suite au stage de six mois qu’elle a effectué à l’AD en 2010.

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