La seconde vie du bois des digues


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> Créé le 21 mars 2010 | Modifié le 4 décembre 2016
Bois reconditionné sous forme de plaquettes destinées à alimenter des chaudières. Broyé sur place pour enrichir le sol ou transporté à proximité pour confectionner du bois de chauffage et de sciage, tout bois prélevé sur les digues de l’AD trouve son utilité.

Que devient le bois des arbres coupés sur les digues ? A l’heure où la filière n’en finit pas de se structurer et d’être soutenue par les collectivités – aussi bien pour des besoins de chauffage que de construction - la question mérite d’être posée. La vocation de l’AD Isère Drac Romanche étant la sauvegarde du système de protection, il serait équivoque de vouloir en faire aussi un exploitant forestier. Le devenir du bois prélevé sur les digues est donc l’affaire des entreprises à qui l’AD sous-traite ce type de travaux dans le cadre de marchés publics. Les revenus qu’elles peuvent en retirer permettent de rendre leurs offres plus compétitives, et donc moins onéreuses pour les collectivités qui financent l’AD.

Hormis les rémanents laissés sur place, les arbres prélevés sur les digues sont emmenés sur une plate-forme en vue d’être recyclés en fonction de leur qualité et de leur essence. C’est le cas pour l’entreprise Bois des Alpes sur son site du Touvet où son gérant, Yannick Peillard, estime que, chaque année, il traite entre 300 et 400 tonnes de bois coupé entre Barraux et Crolles. Le bois bûche ne représente que vingt tonnes et le bois de sciage trois tonnes seulement. « Sur les digues, on rencontre beaucoup de peupliers, un bois peu intéressant » explique-t-il. « Comme il a vite fait de reprendre de l’humidité et qu’on ne peut pas en faire grand chose, on le conditionne sous forme de plaquettes destinées à alimenter des chaudières. Les bois durs comme l’acacia ou le frêne sont plus rentables pour les bûches, mais les essences remarquables comme le chêne et le merisier, quand on les prélève, permettent d’obtenir des planches ou du bois de charpente ».

Intervenant sur la rive opposée, entre Pontcharra et Brignoud, l’équipe de Mickael Sonzogni, gérant de Grésivaudan Nature, conditionne et commercialise elle-même la totalité du bois ramené de la digue, la moitié sous forme de bois bûche et l’autre moitié sous forme de plaquettes. Sur Isère aval, c’est Jacques rival Environnement qui détient le marché des travaux forestiers pour les deux rives. Ici, le bois de chauffe est récupéré par les bucherons pour être transformer en bois bûche, alors que le bois tendre est acheminé chez Sofoda et Lely Environnement où il est valorisé sous forme de plaquettes forestières. Côté Romanche où le secteur est moins boisé mais plus vaste, les Etablissements Terry récupèrent environ 500 tonnes de bois par an. Ici, des petits branchages aux troncs d’aulnes, de frêne ou d’érables sycomore, tout est évacué vers le site de Rochetaillée situé sur la commune de Bourg d’Oisans. Après un séchage à l’air libre durant un an, le bois est transformé en plaquettes forestières, puis transporté vers Moidieu-la-Détourbe où il est commercialisé auprès de particuliers et des communes voisines.

Des copeaux à l’humus
Le jardin potager partagé de Saint-Ismier est une initiative pilotée par l’association RebelFarmer et subventionnée par la région Rhône-Alpes. Ce projet vise à aider des personnes à faible revenu par un dispositif mutualisé de culture et de récolte de produits “bio-intensif”. Coordinatrice du projet, Métilde Wendenbaum s’est intéressée au potentiel du BRF : le bois raméal fragmenté. Deux expériences sont menées à La Bâtie où le Lycée Horticole met à disposition 2 000 m2 de terre arable. La première vise à mélanger le broyat de bois à de la terre forestière. Rendez-vous dans six mois pour voir quelle utilisation sera faite de ce compost. La seconde vise à épandre le broyat sur les plates-bandes maraîchères en vue d’enrichir le terrain sablo-limoneux. L’association ayant pris contact avec l’AD pour savoir ce que devient le bois des digues voisines, le broyat des rémanents [1] habituellement laissés sur place lui sera désormais livré gratuitement par Ageron Bièvre Entretien et Grésivaudan Nature.

Stockage

Trois mille tonnes de bois coupés chaque année sur les digues, cela peut paraitre énorme, mais c’est peu en regard ce qu’il reste... Ici, la plate-forme de stockage de Grésivaudan Nature, au Touvet.

Plaquettes

Toujours au Touvet mais sur la plate-forme de Bois des Alpes, le conditionnement de plaquettes forestières.

En savoir plus

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Gestion

Jean-François Gomes, responsable du Plan de gestion de la végétation à l’AD, en discussion avec les bucherons de Jacques Rival Environnement, sur la digue de Saint-Quentin-sur-Isère.

[1] Restes de branches laissés sur le sol après une coupe.

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