Bilan décennal d’une gestion raisonnée


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> Créé le 21 novembre 2013 | Modifié le 22 novembre 2013
Chantier forestier sur la digue de Montbonnot-Saint-Martin.Depuis 2004, l’AD est passée d’un entretien de la végétation au coup par coup à une gestion planifiée et basée sur des consignes de sylviculture compatibles avec la sécurisation des digues. Retour sur les résultats obtenus.

S’il fallait retenir une donnée représentative des résultats obtenus avec le plan de gestion de la végétation décidé dès 2003 et mis en œuvre progressivement à partir de 2004, c’est l’écart entre la surface fauchée entre 2005 et 2013 qu’il faudrait choisir. Elle s’est accrue de 70 hectares [1], soit une augmentation 57 %. Ce surcroit de surface à faucher c’est autant de surfaces boisées en moins à entretenir... Il suffit de se rappeler que le coût de la fauche pour un hectare est de 350 €, alors que celui du déboisement est de 15 000 € minimum, pour mesurer combien nos digues boisées pèsent sur le plan financier.

Notre plan de gestion de la végétation a constitué un réel effort en termes d’investissement. Mais, aujourd’hui, les résultats sont là. Après avoir atteint des montants annuels supérieurs à 600 k€ entre 2008 et 2011, les dépenses sont désormais réduites de moitié, grâce à une gestion raisonnée. Sur le terrain cela a des incidences concrètes : chaque année, lors de visites techniques approfondies, nos agents découvrent de nouveaux terriers d’animaux fouisseurs ou de nouvelles canalisations transversantes jusque là inconnues. Eclaircir les talus est une donc nécessité : seule cette opération peut améliorer la visibilité sur les ouvrages hydrauliques.

Dans le temps et l’espace

La lecture du tableau ci-dessous conduit à d’autres enseignements importants qu’il convient de préciser :
- la diminution des surfaces coupées de 4,8 ha/an à 2,4 ha/an,
- la réduction du nombre d’arbres isolés devant être abattus de 603 sujets/an à 290 sujets/an,
- une baisse significative des surfaces débroussaillées de façon systématique ou sélective qui n’est jamais que le corollaire de l’accroissement de la surface fauchée.

IMG_1656La mise en œuvre de ce plan de gestion sur une période de 10 ans a nécessité de répartir dans le temps et l’espace les actions à mener sur l’ensemble du linéaire de digues. Entre 2004 et 2007, il y a eu une première phase de mise en place en termes d’organisation, tant sur le plan interne qu’au niveau des entreprises chargées d’exécuter les interventions. Les chiffres sont là pour en témoigner : le temps fort a été atteint entre 2008 et 2011 car, en plus des nouveaux secteurs de digues impactés par le plan, sont venus s’ajouter ceux sur lesquels nous devions intervenir de nouveau, au terme d’une période de 4 à 5 ans, pour empêcher toute nouvelle prolifération de la végétation.

Désormais, depuis 2 ans, une troisième phase est ouverte : celle où, bénéficiant d’une situation désormais plus conforme aux impératifs de sécurité, notre effort sur la végétation est plus mesuré. La maîtrise de la végétation arbustive a permis de diminuer l’importance des travaux manuels par rapport aux travaux mécaniques, ce qui optimise également les coûts de gestion. L’essentiel des investissements étant réalisés, nos futures interventions consisteront surtout à préserver ces acquis et à réparer les désordres provoqués par la végétation dans les corps de digue.

Année Surface débroussaillée systématiquement Surface débroussaillée de façon sélective Surface déboisée Arbres isolés coupés Dépenses totales
2005 11,26 3,62 4,81 603 341 460 €
2006 10,67 10,24 5,14 795 436 620 €
2007 10,97 7,82 7,34 752 421 450 €
2008 12,01 17,80 8,48 1027 621 050 €
2009 12,62 18,10 8,44 1035 462 480 €
2010 7,53 20,92 6,24 727 605 410 €
2011 7,58 15,43 5,89 873 614 150 €
2012 6,39 8,03 2,39 290 452 410 €

NB : Les surfaces sont exprimées en hectares.

Dix ans après...

Cliquer sur l’image pour visualiser l’évolution des talus et des berges sur une digue type.

Les différentes interventions

Les travaux d’entretien de la végétation consistent en du fauchage, du débroussaillage, de l’élagage ou de l’abattage d’arbres. Ils sont réalisés par des entreprises de juin à août et d’octobre à décembre, ou tout au long de l’année par notre équipe d’entretien permanente.

Le débroussaillage systématique

Il consiste à broyer toute la végétation. Il se fait de façon mécanique lorsqu’il n’y a pas de contraintes d’accès au talus, ou de façon manuelle avec des équipements plus légers. Les ronces, lianes, arbustes (buddleia), baliveaux et jeunes arbres de diamètre inférieur à 8 cm sont supprimés au ras du sol afin qu’aucune saillie ne subsiste.

Le débroussaillage sélectif

Il s’effectue à l’aide de débroussailleuses thermiques dans les zones de coupe jardinatoire et sur les taches d’invasives sous couvert.

Le déboisement

Il consiste à élaguer, démonter ou abattre des arbres puis détruire les souches. Auparavant, il est toujours procédé à un débroussaillage sélectif du secteur concerné. Pour tenir compte des périodes de nidification, aucun déboisement n’est réalisé entre le 15 avril et le 15 juillet.

Le fauchage

IMG_0324Il s’effectue 2 fois par an par broyage mécanique de la végétation herbacée et des rejets ligneux de l’année, à 8 cm de hauteur maximum. Pour les foyers de renouée, une fauche précoce est réalisée mi avril, puis une autre en juin ou septembre.

[1] 122 ha en 2005, 192 ha en 2013.

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