Le tracas des animaux fouisseurs


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> Créé le 29 mars 2013 | Modifié le 10 juin 2015
Terriers de lapins à GièresRégulièrement, l’AD doit remédier aux désordres causés par les animaux fouisseurs creusant des terriers ou des galeries dans le corps des digues. Panorama des solutions techniques mises en œuvre.

Les animaux fouisseurs creusent des terriers ou des galeries à une ou plusieurs sorties afin d’y vivre seuls, en famille ou en groupe plus importants. Sur notre territoire de compétence, ce type de désordre est principalement constaté sur les digues de l’Isère [1]. Les terriers de lapins sont en général limités à la surface des talus et leur profondeur est faible. Ce n’est pas le cas des blaireaux, responsables de dégâts plus importants : creusées à partir du pied de digue dans des matériaux sablo-limoneux, leurs galeries sont profondes et susceptibles de traverser intégralement le corps de digue. Le risque : une rupture de la digue dès qu’elle est en charge lors d’une crue. En effet, leur géométrie et leurs matériaux constitutifs les rendent très sensibles à toute traversée d’eau (risque d’érosion interne).

Une approche dissuasive
Dans le cas de galeries superficielles ou localisées en crête de digue, un simple terrassement à la pelle mécanique suivi d’un compactage des déblais complétés par du matériau de type tout-venant suffit pour restituer son intégrité à la digue. Si la quantité de terriers s’avère importante, comme ce fut le cas à Gières (domaine universitaire) à l’automne 2010, un grillage anti-fouisseur est installé après terrassement du talus. Puis ce dernier est reconstitué en matériau 0/400 mm compacté. Le grillage constitue alors une garantie contre le risque de traversée du corps de digue et la présence de petits blocs dans le remblai rend impossible le creusement de galeries profondes.

Notre retour d’expérience sur les couvertures de talus par des structures telles que des matelas-gabions ou des produits géosynthétiques spéciaux nous conduit à faire le choix de ne pas poser superficiellement de grillage sur le talus. En effet, une fois recouvertes de terre, ces structures ne sont plus visibles. Malgré nos mises en garde ou avertissements, elles peuvent être facilement endommagées lors d’interventions sur la végétation (coupe et treuillage de bois, manœuvre d’engins forestiers …) ou de travaux de terrassement à proximité ou sur la digue.

Autres remèdes
Une autre solution technique, déjà testée par l’AD, consiste à injecter un coulis de ciment-bentonite par les sorties visibles sur les talus. Bien que non destructive (pas de terrassement), cette technique n’est pas privilégiée car il s’avère difficile d’appréhender les volumes devant être injectés et impossible de garantir le comblement de toutes les cavités et galeries (voir l’exemple de Noyarey).

Enfin, il existe une dernière solution, la plus radicale et la plus dissuasive pour prévenir toute nouvelle colonisation du talus : le "démontage" de la digue. Cette solution a été mise en œuvre à La Rivière en 2009 et à la limite entre Pontcharra et Le Cheylas en 2010. Sur ces secteurs, en l’absence de réseau et du fait que la digue était particulièrement basse, il s’est avéré plus simple de terrasser la digue existante jusqu’au niveau du terrain naturel, puis de la reconstituer en matériau 0/400 mm compacté, avec une couche supérieure en 0/100 mm et 0/25 mm pour la piste de circulation située en crête de digue.


Voir les coupes-types montrant les dégâts potentiels causés par les animaux fouisseurs et les techniques de réparation envisagées à Noyarey.


Lapin

©j.carlin

Terrier de lapins

Blaireau

©jfnoblet

Terrier de blaireaux

[1] Le coût total pour le traitement des terriers durant les 5 dernières années s’élève à 71 300 € TTC !

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