Les géants du dessous


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> Créé le 14 avril 2008 | Modifié le 4 décembre 2016
Dans le droit fil du plan de gestion de la végétation réalisé en 2003, le Cemagref d’Aix-en-Provence conduit une nouvelle étude. Elle permettra de caractériser l’enracinement des arbres dans les digues de l’Isère.

Impressionnant. En avril, certains promeneurs n’en croyaient pas leurs yeux : des souches sorties du coeur de nos digues et calibrées jusqu’à 25 m3 quant au volume d’encombrement de leur système racinaire. Que se passe-t-il réellement dans un corps de digue ? Que deviennent les racines restées en terre après l’abattage d’un arbre ? Ces questions, l’AD se les pose sans cesse pour exercer sa mission de surveillance. Dans le cadre d’un programme de recherche national portant sur l’érosion interne des ouvrages hydrauliques, le Cemagref d’Aix-En-Provence [1] se penche lui sur la partie souterraine des arbres se développant dans les remblais en terre. Anciennes et dotées d’un boisement dense, les digues de l’Isère se prêtaient parfaitement à cette étude.

Dispositif expérimental
Fin mars 2008, l’attention de l’équipe [2] s’est portée sur 25 souches d’arbres déterrées pour l’occasion, entre Tencin et Grenoble. Au menu : des peupliers, des robiniers, des chênes et des frênes âgés de 3 à 15 ans, mais aussi quelques saules et robiniers (faux acacias). Les échantillons prélevés sont destinés à mener une expérimentation qui, selon un protocole rigoureux, devrait courir sur une période de 10 à 15 ans. Deux semaines plus tard, l’équipe était de retour pour étudier cette fois les systèmes racinaires des souches. A petite échelle, il s’agissait de caractériser la structure globale, en fonction de paramètres de contrôle : espèce, âge, matériaux constitutifs de la digue, conditions environnementales. A grande échelle, l’observation visait à définir les caractéristiques architecturales de racines représentatives.

Des échantillons ont également été envoyés à l’Université de Clausthal en Allemagne. En effet, des mesures de résistivité électrique ont déjà permis d’obtenir des résultats prometteurs sur la détection de systèmes racinaires dans le sol. Un seul inconvénient : cela n’a jamais été fait sur une digue. Ne crions donc pas victoire, mais rêvons un peu. Compte tenu de leur composition particulière sur le plan des matériaux, l’objectif est de vérifier si cette méthode est adaptable à nos digues. Elle permettrait alors d’établir la cartographie du réseau racinaire des arbres, d’identifier les souches présentant une menace pour l’intégrité de l’ouvrage.

Les paniers prêts à être enterrés dans la boucle de Grangeage, côté Meylan.Pourrir par la racine
200 échantillons ont été découpés à la tronçonneuse, puis marqués, pesés et mesurés avant d’être classés dans des paniers prévus à cet effet (en fonction de leur espèce et de leur diamètre). Enterrés à 50 cm de profondeur à Grangeage, un premier lot test sera déterré d’ici 2 à 3 ans. Ramenées en laboratoire, les racines seront à nouveau pesées et mesurées en vue d’établir une première évaluation de la décomposition du bois mais également la caractérisation les agents du processus. Cette étape visera aussi à définir une méthodologie de déterrage des échantillons durant les phases suivantes, espacées chacune de 5 ans environ... Patience donc.

A lire aussi

Sur notre site :
- La suite du feuilleton des racines : Premiers constats du Cemagref en avril 2010.

Attention...

Que se passe-t-il dans le corps de digue ?

Prêt ?

La partie cachée de nos arbres : un vrai labyrinthe souterrain !

Embarquez !

Le volume d’encombrement d’un système racinaire : insoupçonné !

[1] Le Centre d’Aix-en-Provence est l’un des dix groupements du Cemagref, établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST). Ses quatre Unités de Recherche travaillent principalement dans deux domaines : l’eau et les espaces ruraux.

[2] Outre Caroline Zanetti, mentionnons la participation de Michel Vennetier (Cemagref-EMAX) Unité Ecosystèmes méditerranéens et risques, Damien Lachouette et Laure Argelies (Cemagref-OHAX), Pierre-Jean Moundy et David Fiorese (Alcina), Joël Payerne (ONF).

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