Les poissons du Bréda et du Ruisset


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> Créé le 21 mars 2010 | Modifié le 2 décembre 2016
A Pontcharra, le Bréda, temporairement dévié de son lit en janvier 2010. Rien n’est plus contrariant qu’un obstacle en travers de son chemin… A Pontcharra, deux verrous sont en passe de sauter sur le Bréda. Bientôt, les poissons pourront également remonter le Ruisset à Veurey.

En août 2005, de fortes précipitations ont déclenché des crues torrentielles sur le bassin versant du Bréda, provoquant débordements et destructions d’ouvrages. Au niveau de Pontcharra, trois seuils situés dans le lit du torrent ont été endommagés. Devant un risque de destruction et ses conséquences sur le lit, l’Association Syndicale de Supérieur Rive Gauche a fait établir une étude de diagnostic « en y associant la Fédération de Pêche qui souhaitait une étude de faisabilité pour le franchissement piscicole des ouvrages, et la commune de Pontcharra qui envisageait une étude en vue d’augmenter la section d’écoulement du Bréda sous le pont du Grésivaudan » souligne Michel Couturier, président de l’AS SRG.

Le seuil situé en amont de Pontcharra ne sera pas reconstruit car il ne présente plus d’utilité industrielle. La commune ayant remis à plus tard la solution retenue pour le pont [1], les travaux en cours ne concernent que les deux seuils situés dans la traversée de la ville. Pour résorber les dégradations provoquées par un transport solide important - surtout au niveau des fosses et des radiers de dissipation d’énergie – le chantier consiste à installer une carapace en enrochements. En parallèle, pour que la faune piscicole puisse franchir ces ouvrages, une échelle à poissons sera installée en rive droite. Cette rampe [2]atténuant le dénivelé sera elle aussi réalisée en enrochement, constituant ainsi des marches naturelles permettant aux poissons de souffler un peu lors de la remonte. « La plupart des espèces piscicoles effectuent des mouvements migratoires entre l’Isère et ses affluents, soit pour atteindre des zones de frayères, soit à différents stades de leur vie, aussi bien durant la phase de croissance des juvéniles qu’au stade adulte » souligne Stéphane Perrot, technicien de la Fédération départementale des AAPPMA [3]. « Ceci est valable pour le chabot, le blageon, la lamproie de planer - trois espèces protégées au niveau européen – mais également la truite fario et l’ombre commun, deux poissons recherchés par les pêcheurs locaux » ajoute sa collègue Géraldine Bourlet, qui se réjouit de l’aboutissement de ce projet de franchissement piscicole défendu par la fédération depuis une vingtaine d’années.

Le Ruisset
Au-delà des obstacles infranchissables sur les affluents, les pêcheurs s’inquiètent également de leurs confluences avec l’Isère, notamment, à l’aval de Grenoble, celles avec le Furon ou le canal Fure-Morge. Pour ce qui est du Ruisset [4], le problème devrait bientôt être réglé puisque l’enquête publique pour la restauration de sa confluence avec l’Isère est close depuis le 4 janvier. Du fait de nombreuses infrastructures aménagées dans le secteur (A48, seuil de Voreppe, barrage de Saint-Egrève), cette confluence se trouve aujourd’hui perchée à plusieurs mètres au dessus de l’Isère. Par ailleurs, suite à son déplacement en aval du Bec de l’Echaillon à la fin des années 50, le Ruisset est souvent à sec, en période sèche, dans sa partie terminale. Le projet [5]vise à restaurer cette confluence dans sa configuration antérieure, c’est-à-dire en amont du Bec, au niveau de la carrière aujourd’hui désaffectée. Pour éviter tout refoulement des eaux de l’Isère, un clapet anti-retour sera installé. Le chenal actuel sera conservé afin de servir d’exutoire au Ruisset en période de fortes eaux, mais également de « couloir de vie » permettant à la faune terrestre de circuler entre le sud et le nord du Bec de l’Echaillon… Et ceci sans avoir à emprunter ou traverser la route départementale !

Le Bréda à Pontcharra

Pour combler la fosse en enrochement bétonné et installer les enrochements libres, le Bréda a été temporairement dévié de son lit.
Le franchissement piscicole ne sera réalisé qu’en dernier lieu, en rive droite, après le rétablissement du Bréda dans son lit originel.

Confluence du Ruisset à Veurey

Plan de situation du projet. Cliquez sur la carte pour agrandir et élargir le champ de vision.

Fiche technique du chantier Bréda


- Maîtrise d’ouvrage pour la réhabilitation des seuils : Association Syndicale de Supérieur Rive Gauche.
- Maîtrise d’ouvrage pour les travaux de franchissement piscicole : Ville de Pontcharra.
- Maitre d’œuvre : Egis Eau.
- Entreprises : Carron et Moulin TP.
- Coût total des travaux : 228 292 € TTC.
- Franchissement piscicole : 120 978 €, dont la moitié subventionné par le FEDER dans le cadre du projet européen de restauration des corridors biologiques en Grésivaudan, l’autre moitié étant prise en charge à parts égales par le Département de l’Isère et l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.
- Réparation des seuils : 107 313 €, dont 20 000 € subventionnés par l’Agence de l’Eau et 35 000 € par la Préfecture de l’Isère (Fonds National d’Aménagement et de développement du Territoire).
- Etudes et travaux compris, le coût total pour l’AS SRG est de 81 719 €.

[1] Une surélévation du pont avec reprise de raccordement des voiries et des réseaux.

[2] Longueur : 60 m. Largeur : 3,5 m pour une largeur de seuil de 13 m.

[3] AAPPMA : Associations agrées pour le pêche et la protection des milieux aquatiques.

[4] Le Ruisset collecte les eaux pluviales et de ruissellement de la plaine rive gauche, en aval du Furon, ainsi que celles de la Voroize au niveau de Veurey.

[5] Comme pour le Bréda, le projet Ruisset bénéficiera du financement accordé dans le cadre du programme « Couloirs de vie ».

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