Crolles : Protection et zones humides vont bien ensemble


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> Créé le 5 novembre 2010 | Modifié le 1er décembre 2016
Le cuivré des marais Peut-on concilier des enjeux environnementaux et un projet d’aménagement visant à protéger des biens et des personnes ? A cette question, l’exemple du ruisseau de Montfort permet de répondre par l’affirmative. Retours sur la genèse d’un projet mené à terme.

Provenant de la Chartreuse, le ruisseau de Montfort est un torrent ! Souvent à sec, il charrie boues et cailloux en période de fortes précipitations. Pour piéger ces matériaux, une plage de dépôt avait été aménagée au niveau du cône de déjection formé sur un replat situé à Crolles, en aval de la route menant à Chambéry. Avec le temps, cette plage s’est engravée, au point que des crues venaient régulièrement menacer les lotissements construits à proximité. Si l’AD a été à l’initiative du premier projet d’aménagement et de protection contre ces crues en 1987, c’est tout simplement parce qu’elle est propriétaire des terrains concernés. Sa mission étant désormais recentrée sur les digues dont elle assure la gestion, ce projet a été repris par l’Association Syndicale de Bresson à Saint-Ismier qui s’est tout d’abord attelée, en 2009, à remettre en état les digues, en particulier celle protégeant la rive gauche. Un projet difficile à caler du point de vue altimétrique du fait de la présence de deux canalisations d’eaux usées.

Concernant le lit du ruisseau, un autre partenaire a progressivement pris part aux réflexions menées jusqu’alors : le service environnement du Département de l’Isère. En effet, ce ruisseau joue un rôle essentiel dans l’alimentation en eau des zones humides situées quelques centaines de mètres plus loin dans la plaine. Or, le Marais de Montfort qui bénéficie de plusieurs statuts à caractère environnemental [1] est l’un des derniers espaces tourbeux de la vallée du Grésivaudan. A ce titre, il est géré par Avenir, le Conservatoire des espaces naturels de l’Isère. Le plan de gestion mis en place il y a quelques années prévoyait d’optimiser le fonctionnement du marais, de façon à préserver et développer les populations des papillons [2], d’amphibiens et d’oiseaux. La préservation de la biodiversité des milieux passant par une alimentation régulière en eau des prairies humides, les regards se sont tournés tout naturellement vers le ruisseau…

Déviée, l'eau du torrent permet de réhumidifier le marais.Conjuguant les intérêts de chacun, l’Association Syndicale et le Département de l’Isère ont donc constitué un groupement afin de faire réaliser en 2010 l’ensemble des travaux programmés sur le ruisseau et le marais de Montfort [3]. En aval de la plage de dépôt réaménagée, un bassin de rétention des crues a été créé. Il a pour objet de ralentir et de stocker l’eau en période de fort débit, mais aussi de la rendre disponible en permanence en vue d’humidifier les prairies tourbeuses. Grâce à un système de vannes et sur intervention d’Avenir, le débit d’alimentation en eau du marais est régulé, selon les besoins, en fonction de celui du torrent. Aux dires du gestionnaire dans le dernier numéro de son magazine « La Feuille de chêne » : « Le pari est en passe d’être réussi car on constate une recolonisation très rapide des sols déblayés et une présence très forte de libellules sur le fossé du Fouchard ».


Plan du secteur

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Déviation

Le bassin de rétention des crues avant son remplissage. A gauche, le déversoir pour les eaux excédentaires. A droite l’ouvrage maçonné et équipé de vannes qui permettent l’alimentation en eau du Marais de Montfort.

19 juin 2010 : réception des travaux

De gauche à droite : Charles Bich (président de l’AD), François Brottes (maire de Crolles), Jean-François Carrasco (conseiller municipal de Crolles), Georges Bescher (conseiller général de La Terrasse) et Alain Lesur (président de l’Association syndicale).

[1] ENS : Espace Naturel Sensible. APPB : Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope. ZNIEFF : Zone Naturelle d’Intérêt Faunistique et Floristique.

[2] Notamment le fadet des laîches, le cuivré des marais, l’azuré de la sanguisorbe.

[3] Maîtrise d’œuvre : B&R Ingénierie Rhône Alpes. Entreprises : Carron, Arbre Haie et Forêt. Budget : 130 000 € TTC pour l’AS et 38 500 € TTC pour le Département.

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