Notre dispositif alerte-crue


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> Créé le 29 mars 2013 | Modifié le 10 juin 2014
En tant que gestionnaire des digues, l’AD Isère Drac Romanche est tenue de définir et de mettre en œuvre des consignes de surveillance en crue.

Testé à l’occasion de la crue du 31 mai 2010, le dispositif alerte-crue de l’AD a depuis fait l’objet de plusieurs réunions avec les acteurs de la sécurité civile en vue de préciser le rôle de chaque entité. En 2012, nos consignes en crue pour l’Isère et le Drac ont été transmises à la DREAL. Elles le seront d’ici fin 2013 pour celles de la Romanche, de la Lignarre et de l’Eau d’Olle.

Crues de l’Isère
Le passage en vigilance crue est notifié par mail à l’AD par le SPC Alpes du Nord [1]. En fonction des débits observés aux stations de Grenoble-Bastille et de Saint-Gervais, cette alerte peut être verte, jaune, orange ou rouge (lire ci-contre). En cas de passage en vigilance orange ou rouge, le SIDPC [2] contacte les maires des communes concernées ainsi que l’AD, gestionnaire des digues. En préfecture, la cellule de veille est assurée pour la vigilance orange et la cellule de crise est activée pour la vigilance rouge

Au niveau de l’AD, l’alerte se décline selon 2 niveaux d’urgence qui ne sont pas calés sur les mêmes seuils que ceux du SPC Alpes du Nord. L’AD a défini des seuils en fonction de la mise en charge des ouvrages et donc de leur sollicitation en crue. Le niveau 1 qui correspond à une crue biennale est déclenché sur Isère amont quand le débit prévu à Grenoble Bastille est d’au moins 650 m3/s. Pour Isère aval, le débit attendu à Saint-Gervais doit être d’au moins 1 100 m3/s. Pour les alertes de niveau 2 (crue décennale), il faut que les débits annoncés par le SPC soient au moins de 900 m3/s à Grenoble et de 1 400 m3/s à Saint-Gervais.

Crues du Drac
Le SPC met progressivement en place un système d’annonce et de prévision de crue pour le Drac. Par ailleurs, des informations sur les débits en temps réel sont données lorsqu’EDF passe la chaine de ses barrages en mode de gestion de crue. Le SPC et l’AD doivent en être avertis. En conséquence, les niveaux de surveillance sont établis ici à partir de repères visuels.

Le niveau 1 est déclenché lorsque le Drac atteint la piste circulable située sous le pont Berriat (tram), ce qui correspond à une crue dont la période de retour est inférieure à 80 ans. Le niveau 2 l’est lorsque le Drac atteint le caniveau situé sous le pont Berriat, ce qui correspond à une crue inférieure à la Q500. A noter : sur le Drac, les niveaux d’alerte diffèrent de ceux de l’Isère car la sollicitation des ouvrages n’est pas la même. Ainsi, pour une crue décennale, les digues du Drac ne sont pas en charge alors que celles de l’Isère le sont.

Notre organisation selon le niveau d’alerte
Pour toute alerte de niveau 1 ou 2, une cellule de coordination interne à l’AD est mise en place. Ses missions sont les suivantes :
- veille internet sur l’évolution de la situation hydrométéorologique,
- liaison avec le SPC et le SIDPC,
- liaison avec les équipes de surveillance,
- tenue de mains courantes,
- mise en alerte des entreprises pour d’éventuels travaux d’urgence.

Les secteurs surveillés par l’AD sont définis en fonction du niveau d’alerte et de la sollicitation des ouvrages (hauteur de charge, désordres observés). Pour le niveau 1, nos équipes de terrain doivent prendre contact avec la cellule de coordination dès leur arrivée sur site, et indiquer leur position de départ et l’itinéraire prévu. Pour le niveau 2, elles doivent appeler la cellule de coordination toutes les heures, même si aucun désordre n’est relevé.

Lors de ces tournées de surveillance en crue, le personnel de l’AD doit vérifier le comportement des talus côté rivière, la stabilité générale du remblai, l’état d’ouverture des vannages, la formation d’embâcles au droit des ponts, la présence d’arbres basculés entraînant une partie de la digue et l’apparition de fuites éventuelles côté terre sur les tronçons en charge. Lorsqu’un désordre est repéré, l’information est transmise à la cellule de coordination qui l’enregistre sur une main courante et en assure la transmission auprès du responsable de la cellule.

Limites de notre intervention
Pour des raisons de sécurité, la surveillance doit se faire depuis la crête et, si possible, en pied du talus côté terre. Aucun agent n’est autorisé à descendre dans le talus de digue côté rivière. En raison du risque de rupture des ouvrages, la surveillance n’est plus assurée lorsque la hauteur de charge est supérieure à 2 m par rapport au terrain naturel ou que l’écart entre la crête de digue et le niveau de l’eau est inférieur à 50 cm. Elle l’est aussi si la vitesse du vent dépasse 90 km/h du fait d’un risque de basculement d’arbres.

En cas de désordres graves détectés de jour, nécessitant ou pas de travaux d’urgence (lire encadré ci-contre), la surveillance est prolongée de nuit. Par contre, si aucun désordre n’est relevé de jour, l’AD n’assure pas de tournée de surveillance nocturne du fait du manque total de visibilité et pour des raisons de sécurité.


Crue 2008

Tournée de surveillance sur Isère aval lors de la crue de mai 2008.

Repères


- Niveaux de vigilance du Service de Prévention des Crues pour Isère amont : vert pour un débit inférieur à 500 m3/s, jaune entre 500 et 900 m3/s, orange entre 900 et 1200 m3/s, rouge au dessus de 1200 m3/s.
- Niveaux de vigilance du SPC pour Isère aval : vert pour un débit inférieur à 1 000 m3/s, jaune entre 1 000 et 1 400 m3/s, orange entre 1 400 et 2 200 m3/s, rouge au dessus de 2 200 m3/s.

L’Isère hors du lit vif

Travaux d’urgence en cas d’alerte crue

En cas de nécessité, des travaux peuvent être décidés. Ces mesures provisoires sont mises en œuvre en dehors des contraintes usuelles des règles de l’art et des garanties réglementaires après réalisation. Il peut s’agir de conforter une digue par divers procédés, de réaliser des remblais d’apport aux abords des digues, de renforcer ou de créer des pistes, des rampes, des plateformes d’accès, d’effectuer des travaux préparatoires (déboisement, dessouchage, décapage), de mettre en place un busage provisoire, de curer ou de dégager des ouvrages.

Pour ce faire, des entreprises sont mobilisées dans le cadre de marchés à bon de commande. Dès le niveau d’alerte 1, elles doivent assurer une capacité d’intervention sous 3 heures et donc constituer un stock de matériaux (qualité et quantité décrites dans le marché) dans un périmètre compatible avec ce délai. Aucun rapprochement de matériel et personnel n’est programmé : les prestataires sont mobilisés mais continuent de travailler normalement. Par contre, l’alerte de niveau 2 implique une intervention sous 3 heures maximum, l’alerte ne repassant en niveau 1 que lorsque les travaux sont terminés.

Titulaires des marchés attribués en 2014

Nota bene / RG : Rive gauche. RD : rive droite.

- Isère amont, RG et RD, de Pontcharra au pont de Tencin : Midali qui dispose de sites de stockage à Tencin, Theys, Goncelin et Villard-Bonnot).
- Isère amont, RG et RD, du pont de Tencin au pont de Domène : Midali.
- Isère amont, RG et RD, du pont de Domène au pont de l’Ile Verte) : Converso TP. Dépôts à Vif, Saint-Nazaire-les-Eymes et Montbonnot (Socafi).
- Isère aval RG, d’Aquapole jusqu’au pont de Saint-Gervais : Carron qui dispose de sites de stockage à Champagnier, La Rivière, Le Fontanil et Rovon).
- Isère aval RD, d’Aquapole au pont de Saint-Gervais : marché non attribué, nouvelle consultation en cours.
- Romanche aval, Drac RD (du Saut du Moine à Comboire) et Drac RG (du Rondeau au seuil ILL) : Converso TP. Dépôts à Vif, Saint-Nazaire-Les-Eymes et Montbonnot (carrière Socafi).
- Romanche et affluents (Lignarre et Eau d’Olle) : FIAT dont le siège est situé à Ornon (Isère). Stockage au dépôt de Rochetaillée et à la ZA du Fond des Roches (Bourg-d’Oisans).

[1] SPC : Service de prévention des crues

[2] SIDPC : Service Interministériel de protection civile de la préfecture.

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