La passe à poissons de Fure-Morge


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> Créé le 5 décembre 2016 | Modifié le 10 mai 2017
La confluence du canal de Fure-Morge avec l'IsèreLe code de l’environnement impose de rétablir la continuité écologique des cours d’eau classés en liste 2. L’AD a donc engagé les démarches pour réaliser une passe à poissons à la confluence du Fure-Morge et de l’Isère. Choisi pour assurer la maîtrise d’œuvre de cet ouvrage, le bureau d’ingénierie Burgeap vient de rendre son étude diagnostique.

Le 24 octobre dernier, le bureau d’ingénierie Burgeap a rendu au comité de pilotage [1], l’étude diagnostique de la confluence Fure-Morge/Isère à Poliénas. Rappel du cadre réglementaire, bilan hydrologique, ce rapport expose les données préalables qui permettent de mesurer la faisabilité du projet. Cette étude décrit notamment les contraintes liées à la spécificité du site (maintien de la voie verte) et des espèces ciblées devant être prises en compte pour l’aménagement de la passe à poisson.

Pour le canal Fure Morge, l’arrêté du 26 janvier 2015 identifie quatre espèces de poissons pour lesquels il faudrait garantir la montaison : la truite Fario, le Chabot, l’Ombre et la Lamproie de planer. Deux autres espèces représentent également un enjeu pour la continuité piscicole : le Barbeau fluviatile et le Blageon. Or, toutes ces espèces n’ont pas les mêmes capacités de nage ou de saut. La présence d’espèces « non sauteuses » rend inenvisageable un ouvrage de type rampe technique à bassins successifs. En fonction des capacités des différents poissons, l’étude diagnostique a dégagé trois facteurs contraignants pour la construction de la passe à poissons : pas d’obstacles verticaux, une vitesse comprise entre 1,5 et 3 m/s et un tirant d’eau minimum de 10 cm.

Les trois scénarios

Trois scénarios ont été proposés au comité de pilotage pour la réalisation de la passe à poissons. La première est celle d’une rampe rugueuse. Constituée de blocs d’enrochement liaisonnés au béton, la rampe en aval de l’ouvrage existant s’étendrait sur 50 mètres linéaires, avec une pente de 3 %. Pour cette solution, le budget estimatif est de 173 000 € TTC.

La deuxième solution consiste à creuser une rivière de contournement, en rive droite ou en rive gauche du canal de Fure-Morge, et à mettre en place un nouvel ouvrage de franchissement de la digue. Cet aménagement serait réalisé en blocs d’enrochement libre, sur une centaine de mètres linéaires, avec une pente de 2,1 %. Les hauts de berges seraient végétalisés afin d’améliorer l’intégration paysagère de l’ouvrage. Toutefois, le rapport souligne le fait qu’un tel ouvrage nécessiterait par endroits des terrassements de 4,5 mètres de hauteur, créant un effet « canyon ». Aménagée en rive gauche, cette rivière de contournement nécessiterait un investissement de 335 000 €, contre 411 000 € en rive droite.

La troisième solution consisterait à reprendre le radier du pont, afin d’en réduire progressivement la hauteur. Une échancrure serait ainsi créée dans une des quatre arches du pont. En aval, une rampe rugueuse serait installée afin de reconnecter le lit de l’Isère. Toutefois, il est possible que, malgré ces aménagements, les vitesses soient trop importantes pour permettre la montaison des poissons. Le montant de ces travaux s’élèverait à 179 000 € (montant qui pourrait augmenter en fonction des études de la structure actuelle).

Le choix de la rampe rugueuse

Réuni pour évaluer ces propositions, le comité de pilotage a noté que les trois scénarios répondent à l’objectif visé et s’est prononcé en faveur de la première solution : la rampe rugueuse. Outre le fait que cette solution est la moins onéreuse, elle présente également moins d’incertitudes dans sa réalisation.

Le projet passe maintenant au stade de l’avant-projet afin de définir plus précisément les caractéristiques de l’ouvrage et d’affiner son chiffrage. L’objectif est de finaliser le projet et de déposer une demande de subvention à l’agence de l’eau RMC au mois de mars 2017. Si toutes ces étapes se déroulent sans incident, les travaux pourraient être réalisés en septembre-octobre 2017.


Le canal de Fure-Morge

Le canal de Fure-MorgeLe dossier de déclaration du projet a été déposé en mars 2017 à la DDT. La demande de subvention auprès de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse sera examinée en octobre. Le démarrage du chantier est prévu pour fin 2017.

Plan sectoriel

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Listes 1 et 2 : des précisions

Le code de l’environnement classe les cours d’eau en deux listes distinctes, établies, pour le bassin Rhône Méditerranée, en 2013.
- Sur la liste 1, sont répertoriés les cours d’eau en « très bon état écologique ». Ces cours d’eau nécessitent une protection complète des poissons migrateurs. Ainsi, aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour des ouvrages s’ils constituent un obstacle à la continuité écologique.
- La liste 2 rassemble les cours d’eau qui nécessitent des actions de restauration de la continuité écologique, c’est-à-dire des aménagements qui rendent possible le transport des sédiments ainsi que la circulation des poissons. Ces actions doivent être réalisées avant 2018.

Le blageon

Le blageon

Le barbot

Chabot

[1] Le projet de passe à poissons est mené par un comité de pilotage rassemblant les intervenants suivants : l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, la DDT 38, l’ONEMA, le syndicat intercommunal de la Fure (gestionnaire du cours d’eau), la fédération de pêche 38, l’APPMA de Tullins, la structure porteuse du contrat de rivière et la FRAPNA.

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