Petites pestes végétales


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> Créé le 1er février 2008 | Modifié le 2 décembre 2016
Avec de larges feuilles, la Renouée du Japon se développe jusqu'à plus de 3 m de hauteur.Avec de larges feuilles, la Renouée du Japon se développe jusqu’à plus de 3 m de hauteur. Invasives ? Oui, la prolifération de certaines plantes a des conséquences sur la tenue de nos ouvrages de protection, mais également sur la diversité biologique, le paysage et les activités humaines.

Originaires d’Amérique, du sud-est asiatique, d’Afrique du Sud, les espèces végétales dites "invasives" ont été introduites, volontairement ou non, par l’homme, la plupart du temps pour leur qualité ornementale. Le problème est qu’elles prolifèrent rapidement, au détriment des espèces indigènes. L’apparition de plantes nouvelles dans un milieu peut être une menace pour la biodiversité car elles ont des effets directs et indirects - parfois irréversibles - sur la faune et la flore des sites colonisés. Leur capacité d’adaptation, leur développement rapide et l’absence de prédateurs peuvent se traduire rapidement par un écosystème uniformisé.

La Renouée du Japon
Les espèces invasives sont présentes sur 40% du territoire entretenu par l’AD. On y trouve le buddleia, l’ambroisie, les solidages, ainsi que la Renouée du Japon, une plante vivace qui s’installe dans des milieux déstabilisés, là où la végétation est peu dense. Grâce à sa vitesse de croissance et un feuillage créant un ombrage inhospitalier, elle peut éliminer d’autres espèces. A l’automne, la partie aérienne meurt, la litière formée empêchant la germination d’autres plantes. Ses rhizomes servent alors de réserves et d’organes de reproduction : un fragment de 0,7 g suffit à générer de nouvelles pousses. La plante peut aussi se reproduire à partir de tiges coupées, mais sa croissance est alors plus faible.

En dehors des rhizomes, le système racinaire peu développé ne contribue pas à stabiliser les talus. Du fait de l’apport régulier en nutriments, les milieux alluviaux sont particulièrement accueillants pour les renouées. Le long des digues et des berges, elles sont localisées de façon hétérogène, sous forme de tâches dispersées. Les aires de colonisation naturelle se situent au sommet des risbermes et au bas des digues. Les bancs ou atterrissements constituent aussi des foyers actifs. Ils participent fortement à la dissémination en aval, via l’eau de l’Isère.

La colonisation de l’Isère par les espèces invasives est réelle mais pas irréversible. Du fait de l’apport de terres contaminées, les chantiers de travaux publics y contribuent eux aussi. Le plan de lutte mis en place par l’AD Isère Drac Romanche pour contrer les renouées est une chance à saisir pour recréer une diversité fonctionnelle des milieux. Ceci demande des efforts soutenus, mais l’enjeu est de taille car les résultats pourront être exploités par tous. La prise de conscience des acteurs concernés - collectivités, entreprises, particuliers - favorisera l’émergence d’une action efficace pour contrer les invasives. Par des gestes simples – la mise en déchetterie des déchets verts, l’utilisation de remblais non contaminés - chacun peut contribuer à préserver la richesse naturelle de nos milieux.

Les plantes envahissantes de l’Isère

En partenariat avec l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et Corse et Gentiana Société botanique dauphinoise, le Département de l’Isère a édité en septembre 2006 un document très intéressant sur les quinze espèces végétales reconnues pour leur caractère envahissant dans le département : Ailante, Ambroisie, Asters américains, Berce du Caucase, Bident à fruits noirs, Buddléia, Érable negundo, Impatiente de Balfour, Impatiente de l’Himalaya, Jussie à grandes fleurs, Raisin d’Amérique, Renouées (renouée du Japon, renouée de Sakhaline, renouée de Bohême), Robinier faux acacia, Séneçon du Cap, Solidage géant. Nous vous le proposons en téléchargement.
Vous trouverez également de nombreuses informations intéressantes sur les plantes qui nous envahissent en lisant l’article paru dans "Isère magazine" n°107 de février 2010.

Colonie de Renouées

La renouée du Japon

Contributions

Le dossier « Plantes invasives » a été réalisé à partir du travail d’Amandine Roux, stagiaire à l’AD de janvier à juin 2007 (Master 2 Pro Université Joseph Fourier). Son mémoire « Expérimentation contre une invasive, la renouée du Japon », était placé sous la direction de Jacky Girel de l’université Joseph Fourier (Centre de biologie alpine, laboratoire écologie et changement environnementaux). Etudiante à Nancy en Master professionnel « Forêts, agronomie, génie de l’environnement, conservation et restauration des écosystèmes », Sabine Figarol a poursuivi l’étude de février à juillet 2008. Rendez-vous à l’automne pour un premier bilan statistique.

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