Printemps 2013 : des crues biennales sans grande conséquence


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> Créé le 27 juin 2013 | Modifié le 9 juin 2015
2013-05-10 - Isère 023Malgré un printemps froid et peu ensoleillé, les Alpes n’ont pas connu de crue notable, sauf une crue biennale début mai 2013 et une autre fin juin. Dans les deux cas, l’AD est intervenue localement, en urgence, afin de résoudre deux désordres.

Les conditions météorologiques n’ont pas été très agréables d’avril à juin mai 2013, tant en ce qui concerne les températures que la pluviométrie et le taux d’ensoleillement. Si le cumul de précipitations nettement excédentaire s’est traduit pas des inondations en Bourgogne, en Champagne-Ardenne et dans les Pyrénées, notre région a été épargnée de tout épisode marquant et dommageable.

La crue biennale du 10 mai 2013

Le 9 mai, redoutant les conséquences de circonstances météorologiques défavorables, le niveau d’alerte jaune a été déclenché sur Isère amont par le SPC Alpes du Nord [1] à 16 h (débit de 359 m3/s). Le cumul des pluies était compris entre 25 et 50 mm sur les pré-Alpes et entre 10 et 30 mm sur les Alpes intérieures. La limite pluie-neige étant élevée, la réaction de l’ensemble des cours d’eau a été immédiate. Dès le lendemain, le 10 mai, les nuages se sont dissipés par l’est. Heureusement, du fait d’un isotherme 0°C en baisse de 2 500 à 2 000 m, les températures se sont rafraichies, ce qui a limité l’apport d’eau supplémentaire dû à la fonte nivale. Le SPC prévoyait des valeurs en hausse pour le débit de l’Isère, en amont de Grenoble : entre 550 et 600 m3/s en milieu de journée. Dans les faits, le niveau de 650 m3/s - le seuil du premier niveau d’alerte à l’AD - n’a été atteint, voire légèrement dépassé que durant 2 heures, entre 18 et 20 h, les débits diminuant de nouveau par la suite.

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Intervention d’urgence à Gières

Le 9 mai, l’AD est intervenue en urgence à Gières, au niveau de la confluence de l’Essorton avec l’Isère. En effet, dans ce secteur qui fait l’objet de travaux de la part du Symbhi, une vanne avait été déposée par l’entreprise Moulin TP sans que l’équipement destiné à le remplacer ne soit encore installé. Inquiets de voir cette ouverture dans la digue et le niveau de l’Isère qui montait, plusieurs agriculteurs et la commune de Gières nous ont contactés par téléphone. Dépêché sur place, Patrick Argentier - conducteur des travaux à l’AD - a pris la décision de demander à Converso TP [2] de constituer en urgence un merlon de protection avec 15 m3 de matériau tout-venant. Cet ouvrage temporaire a permis de contenir provisoirement l’eau de l’Isère qui commençait à pénétrer dans le fossé de l’Essorton (3). Les matériaux seront retirés quand Moulin TP aura installé une nouvelle vanne (automatique) à l’exutoire du fossé pour le compte du Symbhi.

Le lundi suivant, deux équipes ont été constituées par l’AD afin d’effectuer des visites d’inspection post-crue en vue d’évaluer les éventuels dégâts provoqués par la soudaine élévation du débit de l’Isère. Sur Isère amont, aucun désordre n’a été recensé, hormis un embâcle contre une pile du pont de la Bâtie n’affectant pas les digues. Sur Isère aval, un fontis a été détecté sur la digue à Saint-Quentin-sur-Isère alors que, à La Rivière, un franc-bord a été érodé sur environ 80 m de long et un arbre a basculé dans la rivière.

Côté Drac, les niveaux atteints n’ont pas été suffisants pour déclencher la procédure d’alerte crue. Cependant, les niveaux d’eau étant restés élevés en mai et juin, l’AD a dû repousser les sondages programmés sur le pied de digue côté rivière.

La crue biennale du 18 juin 2013

Avec des averses orageuses et une fonte nivale importante du fait des températures estivales, la conjoncture était différente fin juin. Le 18, le SPC prévoyant que le seuil des 650 m3/s serait atteint dans l’après-midi, l’AD a mis en alerte les entreprises et les membres de son personnel sur l’Isère amont. En définitive, le seuil n’a été dépassé ce jour là qu’à 13 h (débit de l’Isère à Grenoble : 651 m3/s), avec une pointe à 661 m3/s deux heures plus tard, puis une descente rapide. Rapide mais provisoire : le débit s’est à nouveau élevé à 659 m3/s le 20 juin à 4 h du matin, puis à 732 m3/s le 21 juin à 7 h du matin, avant de redescendre sous les 650 m3/s après 15 h.

Pour l’AD, l’alerte-crue de niveau 1 sur l’Isère amont a donc été effective du 18 au 21 juin 2013. Dans l’attente d’une confirmation de la baisse durable des niveaux de la part du SPC, elle n’a été levée auprès des entreprises que le 24 juin. Entretemps, une petite intervention d’urgence a dû être réalisée mercredi 19 à Grenoble, au droit de la rue Blanche Monnier. Sans autorisation, une partie du talus de la digue - classée en A - avait été terrassée pour y implanter un panneau promotionnel. Au vu de la situation hydrologique et de la fragilisation de la digue par ces déblais, l’AD a engagé en urgence des travaux de réfection pour éviter tout risque de rupture en cas de crue majeure.

Tout comme en mai, des tournées d’inspection en crue et post-crue ont été organisées fin juin. Aucun désordre lié à la crue n’a été relevé au cours de ces tournées exécutées par les agents de l’AD.


Pont de la Bâtie

Embâcles photographiés par les agents de l’AD lors de la tournée d’inspection post-crue.

Une rivière qui vit et respire !

Déroulement de la crue de l’Isère le 10 mai 2013 :
9 mai, 21h : débit de 339 m3/s, en augmentation.
9 mai, à partir de 23 h : montée régulière avec un gradient d’environ 15 m3/s chaque heure.
10 mai, en journée : le pic de crue est atteint à Pontcharra vers 14 h (environ 570 m3/s) et à Grenoble à 19 h (659 m3/s), soit avec le décalage habituel de 5 h.
10 mai, dès 20 h : baisse des débits de l’Isère.
- 659 m3/s à 620 m3/s de 19 h à minuit le 10 mai (gradient de 7,8 m3/s)
- 620 m3/s à 594 m3/s, entre minuit et à 5h du matin le 11 mai (gradient de 5,2 m3/s)
- 594 m3/s à 531 m3/s, entre 5 à 10 h le 11 mai (gradient de 12,6 m3/s)

Au vu des débits soutenus dans l’Isère et de la forte pluviométrie, le SPC a maintenu l’alerte jaune sur Isère amont jusqu’au 19 mai. Rappels des débits à Grenoble en fonctions des périodes de retour des crues :
- crue biennale : 640 m3/s
- crue quinquennale : 820 m3/s
- crue décennale : 980 m3/s


Téléchargez :
- les données relevées pour la crue du 10 mai 2013 et les jours qui précèdent
- l’hydrogramme des débits de l’Isère à la station Grenoble-Bastille, entre le 6 et le 13 mai 2013


10 mai 2013 : le Domeynon

Sur le chemin longeant la digue de l’Isère, le passage à gué du Domeynon submergé par les eaux provenant du massif de Belledonne.

10 mai 2013 : le canal de Cheminade

En cours de construction (travaux Symbhi), la station de relevage des eaux du canal inondée par remontée des eaux de l’Isère.

[1] Service de Prévision des Crues

[2] Titulaire du marché « Travaux d’urgence dans le cadre du dispositif alerte-crue » pour ce secteur

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