Quelle gestion sédimentaire pour les confluences ?


Accueil > Etudes et travaux > Questions hydrauliques > Quelle gestion sédimentaire pour les confluences ?
> Créé le 25 mars 2011 | Modifié le 3 juillet 2012
La dynamique des torrents de Belledonne provoque un exhaussement régressif de leur lit et la diminution de leur capacité hydraulique. Des mesures sont envisagées pour le Bréda, le Vorz et le Domeynon.

Du fait d’un bassin versant à forte pente, la principale problématique des torrents de Belledonne réside dans la quantité importante de leurs apports solides. Selon la configuration des lieux, on observe deux types de confluence entre l’Isère amont et ses affluents situés en rive gauche. Quand la zone de rupture de pente est éloignée du lit de l’Isère, une plage de dépôt permet de piéger localement les matériaux. Puis, les eaux claires sont acheminées jusqu’à l’Isère, en général via des canaux ou des chantournes dont la partie terminale est endiguée au niveau de l’exutoire. Tel est le cas du Vorz. Mais, cette zone de rupture est parfois très proche de l’Isère. Dans ce cas de figure, le cône de déjection du torrent se situe au niveau de l’exutoire même, ce qui génère un important dépôt de matériaux en amont et au niveau des confluences. Tel est le cas du Bréda mais également celui du Domeynon.

Dans le cadre de la convention de remise en gestion signée avec les AS en 2007, les digues de l’Isère sont placées sous la responsabilité de l’AD Isère Drac Romanche. Depuis, une délibération du Comité de l’AD a précisé que sont également concernées les « digues en retour » que l’on trouve au niveau de certains affluents, dans la mesure où ces ouvrages hydrauliques sont « en charge » du fait de l’Isère, quand celle-ci est à son niveau le plus haut. Aménagés dans le « remous de l’Isère », on considère que ces ouvrages sont liés à son système d’endiguement, et donc placés sous notre responsabilité. C’est pour cette raison que, ayant en charge la partie terminale du Bréda, du Vorz et du Domeynon, l’AD envisage désormais de programmer des mesures visant à résoudre durablement les conséquences dues à leur dynamique sédimentaire excédentaire.

Flux variables

Concernant le Vorz et le Domeynon, deux missions ont été confiées à Hydrétudes. Elles visent à définir les actions de curage qu’il conviendra de programmer dans la cadre de PPE – Plans Pluri-annuels d’Entretien – qui seront soumis à l’approbation de la Direction Départementale des Territoires.

Pour le Bréda, une étude similaire sera lancée en 2011, mais l’AD est déjà intervenue par deux fois durant ces dernières années. Suite à la crue du 23 août 2005, le lit s’étant fortement engravé au niveau du rejet à l’Isère, 20 000 m3 de dépôts ont été enlevés moins d’un mois plus tard. En 2010, c’est le gué de franchissement construit par un carrier ayant cessé son activité qui s’est affaissé dans le lit. Plusieurs crues successives ont fini par ruiner l’ouvrage dont les vestiges formaient un obstacle au transit des matériaux charriés par le torrent. L’accumulation des déblais solides aggravant le risque de débordement en amont, l’AD est intervenue entre le 20 et le 22 décembre 2010 [1] en vue de retirer tous les éléments formant l’ancien gué : quatre buses béton, une buse métallique et de nombreux blocs d’enrochement. Ne contrariant pas l’écoulement des eaux, le radier en enrochement - l’assise du gué - a été conservé. Il constitue aujourd’hui un seuil permettant de stabiliser le lit. En période de crue estivale, le Bréda se chargera lui-même de balayer les matériaux déposés à faible débit.

Le Bréda, 20 août 2010

Profil du gué de franchissement avant la crue.

Le Bréda, 25 novembre 2010

L’ouvrage ruiné par de multiples crues. Le torrent a ouvert une brèche en rive gauche.

Le Bréda, 4 janvier 2011

La suppression du gué permet de donner au torrent une respiration plus naturelle.



[1] Budget : 7 400 € TTC. Travaux de terrassement effectués par l’entreprise Carron.

Espace privé | Plan du site | Contact | Mentions légales | Spip | Lettre d’information | Haut de page