Un plan de gestion pour la végétation


Accueil > Digues et végétation > Gestion de la végétation > Un plan de gestion pour la végétation
> Créé le 31 octobre 2013 | Modifié le 24 novembre 2013
09aDepuis 10 ans, l’AD Isère Drac Romanche est passée d’un entretien de la végétation au coup par coup à une gestion raisonnée, planifiée et basée sur des consignes de sylviculture compatibles avec la sécurisation des digues.

Les digues gérées par l’AD Isère Drac Romanche présentent une végétation arborée dynamique. Cette végétation a des intérêts écologiques, paysagers et récréatifs, mais elle est en totale contradiction avec les règles de sécurité devant être respectées sur une digue.

Contraintes dues à la présence de végétation

Sur une digue, la végétation présente quatre inconvénients :
- Les grands arbres créent un risque d’arrachement et de détérioration de la digue ; les chablis (arbres tombés à cause du vent) créent des tourbillons en crue provoquant des érosions locales ; les arbres génèrent un risque pour les usagers de la digue en cas de chute.
- Les racines favorisent le risque d’érosion interne.
- La végétation dense est une gêne à la surveillance des ouvrages.
- Les arbres emportés lors des crues risquent de s’accumuler contre les piles de ponts et les îlots, créant des embâcles.

Une gestion raisonnée

Consciente de cette situation, l’AD Isère Drac Romanche a envisagé de passer d’un entretien au coup par coup de la végétation à une gestion raisonnée, planifiée et basée sur des consignes de sylviculture compatibles avec la sécurisation des digues. Dès les années 2000, l’AD a donc demandé à l’Irstea d’Aix-en-Provence (ex Cemagref) (associée aux universités des sciences de Grenoble et de Clermont-Ferrand) d’élaborer un plan de gestion.

Ce plan de gestion est basé sur le principe que le couvert forestier ne peut être totalement éradiqué pour deux raisons :
- à cause de la présence des racines dans le corps de digue qui, en pourrissant, favorisent le risque de renard hydraulique,
- pour des raisons environnementales.

Les modalités du plan de gestion

L’objectif est donc de diminuer la densité du boisement, de rajeunir ce dernier pour éviter les gros massifs racinaires et limiter le risque de chute d’arbre, de garder vivantes les racines pour éviter leur pourrissement et enfin de gagner de la visibilité sur les talus.

Pour des raisons écologiques, chaque linéaire d’intervention n’excède jamais 500 m en contigüe. L’importance des dépenses a conduit à répartir sur dix ans le traitement de l’ensemble du linéaire (220 km). Ainsi, le plan de gestion conduit à traiter annuellement 10% du linéaire, ce qui représente un budget annuel d’environ 700 k€ à 800 k€ pour une vingtaine de kilomètres traités.

Les consignes

Elles sont différentes selon la partie de la digue à traiter :
- Sur la digue : on conserve le boisement existant en limitant les préjudices à l’ouvrage (gestion de type jardinatoire avec des coupes d’éclaircies tous les 5 à 10 ans).
- Sur le franc-bord (entre le pied de digue et la berge) : on peut conserver des essences arborées mais on diminue la densité et on limite la hauteur.
- Sur la berge : les grands arbres sont à proscrire ; seule une végétation souple et basse est autorisée.

Deux cas de figure

Selon que la partie de la digue à traiter se situe en milieu rural ou périurbain, la fréquence et les modalités d’intervention ne sont pas les mêmes.

En milieu rural où il y a peu d’enjeu environnemental compte tenu du linéaire d’intervention limité à 500 m : on effectue une coupe rase sur le corps de digue et en pied.
- Les petites souches sont broyées car, leur développement racinaire étant faible, le pourrissement des racines est sans conséquence.
- Les grosses souches sont conservées pour qu’elles rejettent en cépées.
- Chaque année, on tond et on broie, excepté les cépées.
- A l’issue de 10 ans, on coupe les cépées de 10 ans d’âge. En berge, on repasse tous les 5 ans, de façon à éviter la croissance d’arbres pouvant alimenter les embâcles lors des crues.

En milieu périurbain où l’enjeu environnemental et paysager est plus fort : on effectue une coupe jardinatoire tous les 5 ans, le but étant de répartir les coupes de façon à conserver un couvert boisé.
- La première année, on procède au débroussaillage, à l’abattage des arbres malades, penchés, isolés, ou inadaptés (acacias, peupliers hybrides). On abat également les arbres trop minces pour leur taille (variable selon l’espèce) et 30 % des arbres restants (les plus âgés). On conserve les très grands arbres sains : en cas de coupe, ils sont trop âgés pour repartir en cépée.
- La cinquième année, on prélève encore 30 % des arbres. Entretemps, les arbres prélevés la première année sont repartis en cépée.
- Les derniers 30 % sont coupés 5 ans plus tard puis les cépées de 15 ans d’âge tous les 5 ans.

Une végétation arborée dynamique

Mise en œuvre

Pour la mise en œuvre de notre plan de gestion de la végétation, il existe trois types de travaux :
- Les travaux d’entretien mécanique de la végétation (fauchage réalisés via un marché à bons de commande).
- Les travaux forestiers (réalisés via un marché à bons de commande.
- Les travaux d’entretien manuel de la végétation réalisés par les agents de l’AD.
L’AD a également mis en place un plan de lutte contre les espèces invasives.

Pour en savoir plus sur ces différents types de travaux, lire notre page web :
- Typologie de nos travaux sur la végétation.

Diminuer la densité du boisement

Coupe rase en pied de digue

Libérer les pistes de circulation

Espace privé | Plan du site | Contact | Mentions légales | Spip | Lettre d’information | Haut de page