Un plan de lutte contre la Renouée du Japon


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> Créé le 1er février 2008 | Modifié le 20 janvier 2011
Fauchage mécanique d'un secteur de digue très colonisé.Neuf plates-formes expérimentales installées sur Isère amont permettent de tester des techniques de lutte. Au vu des résultats, elles seront étendues à tous les ouvrages dont l’AD assure la gestion de la végétation.

Avec ses larges feuilles pouvant se développer jusqu’à 3 m de hauteur, la Renouée du Japon colonise nos berges et nos digues. Ainsi, près de Grenoble, on la trouve aux abords des ponts, des décharges sauvages et dans les secteurs où des travaux sont effectués sur les digues. Cette prolifération a des conséquences sur la bonne tenue des ouvrages, la diversité biologique, le paysage, les activités humaines. Pour ces raisons, l’AD s’est engagée dans une démarche d’expérimentation étalée sur cinq ans. Avec autant de protocoles d’essais, un suivi rigoureux et une analyse statistique aussi poussée, c’est une première en France.

Le choix des techniques
Neufs placettes d’expérimentation ont été implantées sur les deux rives de l’Isère. L’AD souhaite y tester des techniques faciles à mettre en oeuvre, non polluantes, non traumatisantes pour les digues, et respectueuses de la diversité des milieux. Ceci exclut toute forme de lutte chimique car, à proximité de l’eau, de tels produits provoquent de réels dégâts. La lutte biologique est une idée séduisante mais, introduire des insectes et des champignons, c’est courir le risque de remplacer un problème par un autre. Le décaissement s’avère impossible car il se traduirait par une déstabilisation du terrain, le labour est inefficace et le pâturage impensable car la renouée pose des problèmes d’appétence... Comment dès lors affaiblir les rhizomes et à limiter l’accès à la lumière de la partie végétative des renouées ? Notre choix s’est porté sur des techniques perturbatrices – fauchage et arrachage - et des mesures compensatoires - plantations ou semis.

Des essais aux projets
Chaque année, un bilan de l’évolution dynamique des renouées sera fait, tenant compte des critères retenus et du temps passé sur chaque site. En fonction des résultats, des ajustements seront progressivement réalisés. L’objectif est de mettre au point un protocole optimum qui sera ensuite appliqué à tout le périmètre d’intervention de l’AD. En parallèle à ces expérimentations in situ, une étude sera confiée à un bureau d’études spécialisé. Là, l’objectif est de valider les protocoles de deux techniques permettant de stériliser des terres contaminées : le traitement thermique et le concassage-broyage. Lors des importants travaux programmés par le Symbhi sur Isère amont, il sera impératif de déplacer des matériaux sains, sinon la dissémination de la Renouée du Japon ne fera qu’augmenter.
Le fauchage sélectif de la partie aérienne permet d’épuiser les renouées, tout en favorisant le développement de la flore indigène laissée intacte. On pourrait les affaiblir en arrachant les rhizomes mais, longs et profonds, il est impossible de le faire en totalité. Aussi, l’AD a fait le choix de fauches rapprochées qui s’espaceront dans le temps, au fur et à mesure de leur perte de vigueur. Pour éviter toute dissémination, les parties coupées sont emmenées en déchetterie, séchées ou brûlées. Toute fraction de rhizome et de tige est éliminée. Il en est de même pour les plantules qui elles font l’objet d’un arrachage manuel, pied par pied, ceci afin d’emporter le rhizome peu développé. Suite aux fauches et aux arrachages répétitifs, des espèces compétitrices sont implantées afin de régénérer les ripisylves. Leur feuillage gêne la photosynthèse des renouées et, dans le sol, les pousses issues des rhizomes sont ralenties.

Dès ce printemps 2008, des semis et des plantations seront réalisés sur certains sites. Notre approche ne vise pas à éradiquer toute présence de renouées, mais à observer leur comportement en situation de compétition. Des mélanges de graminées seront répandus, l’enracinement rapide des herbacées laissant place à une pelouse tondue chaque mois durant la période végétative des renouées. Ailleurs, de jeunes arbustes seront plantés, de type noisetier ou cornouiller sanguin. Leur développement est rapide mais limité à deux mètres maximum. Si l’AD a bien intégré l’idée d’une volonté d’équilibre entre les enjeux paysagers, environnementaux et hydrauliques, il n’en reste pas moins que, pour exercer sa mission de surveillance et d’entretien des ouvrages de protection, la végétation ne doit pas masquer ces derniers.

Comment lutter ?

Essai de traitement thermique.

Avant...

La rive droite de l’Isère au niveau du pont du tramway (La Tronche) colonisée par les renouées.

Après !

L’ensemble du secteur après fauchage sélectif de la partie aérienne en vue d’épuiser les rhizomes.

Végétation

Retrouvez sur notre site des articles détaillant les interventions sur le couvert végétal de nos digues.
- Le plan de gestion de la végétation
- Racines et corps de digue
- Végétaliser un endiguement
- Biodiversité

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