Les stratégies locales de gestion du risque inondation


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> Créé le 5 décembre 2016 | Modifié le 2 février 2017
Au contexte de la Gemapi, vient s’ajouter la mise en place des Stratégies locales de gestion du risque inondation. Le Symbhi assure, avec les services de l’État, l’animation technique pour élaborer les SLGRI du territoire Grenoble-Voiron. Entretien avec Fabien Mulyk, président, et Luc Belleville, directeur adjoint.

Combien de personnes travaillent à l’élaboration des SLGRI [1] sur le TRI [2] de Grenoble-Voiron ?

Une vingtaine d’organismes, une trentaine d’experts : en tout 120 personnes ont contribué à un moment ou à un autre aux SLGRI, en formulant des avis, en participant à des groupes de travail techniques ou territoriaux. Le noyau dur - le secrétariat de la SLGRI - conduit les travaux. Il regroupe le Symbhi, la DDT [3] et les EPCI [4], soit une dizaine de personnes travaillant ensemble depuis avril 2016.

Quel est le contexte dans lequel ces stratégies sont pensées ?

L’Y Grenoblois est très contraint géographiquement. Derrière les digues, le fond de vallée reste soumis à un risque inondation exceptionnel et, lorsqu’on s’éloigne de cette zone, on aborde les flancs de montagne et de nouveaux risques naturels : risque d’éboulement ou torrentiels très présents… Ce territoire très dynamique se retrouve ainsi freiné dans son développement. Les collectivités territoriales espèrent que les SLGRI permettront de trouver, avec l’État, de nouvelles manières d’aménager et de développer le territoire en réduisant la vulnérabilité et en s’adaptant à ces risques.

Comment s’organisent les travaux d’élaboration des SLGRI ?

Après la réalisation du diagnostic, la démarche consiste à arrêter un plan d’actions, avec des porteurs de projets et des coûts identifiés. Ce plan compte à l’heure actuelle 22 mesures, réparties selon 3 volets. Le premier volet concerne les actions hydrauliques et rassemble tout ce qui a trait à la gestion des écoulements et des ouvrages de protection… Le second concerne la gestion de crise : surveillance de la pluviométrie, des débits des cours d’eau, gestion des alertes. Il passe aussi en revue les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS), véritables documents opérationnels de gestion des crises, qui doivent être actualisés pour mieux prendre en compte les phénomènes d’inondation.

Le troisième volet concerne l’aménagement urbain. Deux grandes idées viennent le nourrir : la réduction de la vulnérabilité et la résilience. La résilience, mélange de résistance et de créativité face à l’adversité, consiste à aménager la ville de manière à ce qu’elle puisse recevoir une crue, sans pour autant être paralysée. En pratique, cela consiste à penser tout aménagement de manière à ce qu’il puisse continuer à fonctionner en cas de crue et par exemple à placer les habitations et les équipements stratégiques en étage plutôt qu’en rez-de-chaussée.

Toutes les actions ne sont pas de même envergure, ni de même ordre de priorité. Elles n’ont pas non plus été chiffrées pour le moment, toutes ne représenteront pas le même budget.

Le territoire semble bien structuré face au risque inondation. Qu’apportent les SLGRI ?

Le territoire est bien pourvu mais les SLGRI apportent une réelle plus-value dans la mesure où elle font travailler ensemble tous les spécialistes. Au départ, tous l’ont vécu comme une nouvelle contrainte. Mais nous constatons que chacun trouve le moyen de se libérer pour participer à cette démarche.

Quel bilan tirez-vous de ces réunions ?

Les SLGRI se construisent avec dynamisme. Peut-être est-ce dû au territoire très contraint. Toujours est-il que le processus avance bien, les rencontres sont de grands moments d’échanges, de propositions, d’idées. Tout cela est très vivant. Au final, ce décloisonnement est très bénéfique. Aménageurs, responsables de la gestion de situations de crise, gestionnaires des rivières et des ouvrages hydrauliques ont été très présents pour cette démarche pourtant menée au pas de course.

Quel est le calendrier pour la mise en place des SLGRI ?

Le document final des SLGRI de l’Y Grenoblois devrait être validé au mois de mars 2017, après consultation des acteurs publics, et approuvé par le Préfet de l’Isère. Le plan d’action commencera alors à être appliqué. Cinq ans plus tard, nous évaluerons les actions engagées dans le cadre des SLGRI, et nous entamerons de nouveau une démarche de réflexion pour mettre à jour les SLGRI.


Fabien Mulyk, président du Symbhi

Les trois SLGRI

Cliquer sur l’image pour visualiser le périmètre des SLGRI du TRI de Grenoble-Voiron en grand format.

Luc Belleville, directeur adjoint du Symbhi

BELLEVILLE

Rappels

Voici la synthèse des transpositions de la « directive inondation » européenne au plan local.
- Union européenne : publication de la « directive inondation » en 2007.
- En France, cette directive se traduit par une Stratégie nationale de gestion des risques d’inondation (SNGRI). Elle vise à augmenter la sécurité des populations exposées, à stabiliser à court terme et réduire à moyen terme le coût des dommages potentiels liés aux inondations, et à réduire fortement les délais de retour à la normale après une catastrophe.
- Dans chaque bassin hydrographique métropolitain (Artois-Picardie, Seine-Normandie, Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée-Corse, Loire-Bretagne, Adour-Garonne), la stratégie nationale se concrétise par un Plan de gestion des risques d’inondation. Le PGRI vise à encadrer l’utilisation des outils de la prévention, des inondations à l’échelle du bassin, et à définir des objectifs priorisés pour réduire les conséquences des inondations dans les Territoires à risque important d’inondation (TRI).
- Bassin Rhône-Méditerranée-Corse. 31 TRI sont définis, dont celui de Grenoble-Voiron, aussi appelé « TRI de l’Y Grenoblois ».
- TRI de Grenoble-Voiron : 3 Stratégies locales de gestion des risques d’inondation (SLGRI) sont élaborées, une pour chaque bassin versant (Isère amont, Drac-Romanche et Voironnais).

[1] SLGRI : Stratégie locale de gestion du risque inondation

[2] TRI : Territoire à risque important

[3] DDT : Direction Départementale des Territoires

[4] EPCI : Etablissement public de coopération intercommunale

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