Quand la digue se met au vert


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> Créé le 10 novembre 2010 | Modifié le 23 juillet 2012
Digue de Lumbin : Ile de la Vache en juin 2010. Au-delà de l’agrément pour le regard, si l’AD a fait le choix de recouvrir les digues confortées de végétation herbacée, c’est pour satisfaire des contraintes d’aménagement et de gestion.

L’enrochement des digues a de tout temps vu s’opposer les partisans du tout minéral et ceux du tout végétal. La réalité étant complexe, il a bien fallu tempérer les certitudes des uns et des autres, tout en admettant que la végétation pouvait trouver sa place sur un talus de digue au même titre que des blocs. Dans ces conditions, pourquoi ne pas laisser faire la nature ? Tout simplement parce que, charriant quantité de matériaux, les rivières alpines ont vite fait de recouvrir les talus de limons et de semences qui finissent par coloniser les digues, laissant le champ libre aux espèces invasives (lire pages 8 et 9). Dominantes dans le milieu où elles s’installent, ces dernières sont très gênantes dans notre mission de surveillance des ouvrages hydrauliques. Partant du principe que le premier installé a toujours le premier rang, la démarche de l’AD est désormais claire : semer des herbacées indigènes sur toute digue confortée. C’est même là une composante essentielle de notre plan de gestion de la végétation.

Genèse de la démarche

En 2005 et à la demande de l’AD, Géophyte a réalisé une première étude technique ayant pour finalité de végétaliser quatre secteurs de l’Isère ayant fait l’objet de travaux de confortement [1], un document détaillant toutes les conditions de milieux (caractéristiques climatiques, propriétés agronomiques des substrats et contexte floristique). En complément, Géophyte a établi un cahier des charges décrivant avec précision les travaux à réaliser et les prescriptions à respecter lors de toute opération de végétalisation sur une digue confortée [2]. Depuis, notre expérience en la matière s’est largement étoffée (voir tableau page suivante), notamment sur de grands chantiers comme ceux de la courbe de Charlet (Gières), la courbe de Grangeage (Meylan) ou la digue de la Croix du Plan (Bourg d’Oisans). En parallèle, notre méthodologie s’est elle aussi affinée.

Sur les quatre premiers chantiers réalisés suite à l’étude de Géophyte, la végétalisation a été faite sans apport de terre. Compte tenu de la qualité médiocre du substrat, le mélange mis en œuvre contenait des adjuvants de type compost, engrais organiques et colloïdes. Depuis 2006, l’apport préalable de matériau terreux est désormais systématique. Il peut provenir directement du chantier en cours ou d’un site extérieur, dans la mesure où il est garanti indemne de toute présence d’invasives... C’est ainsi que, en 2010, des matériaux issus de l’aménagement de Montfort ont été réutilisés pour conforter la digue de Lumbin.

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Juin 2010 : ensemencement du talus de la digue de Lumbin avec un hydrosemoir.

Après le dépôt de terre vient la phase d’ensemencement. Elle est réalisée par projection hydraulique avec un hydrosemoir. En général, elle survient au bout de quelques mois car il s’agit d’occuper le terrain le plus vite possible ! Mais ce délai est variable selon les chantiers car il dépend d’un impératif : ne semer ni en saison froide, ni en saison sèche. Respectant les règles établies dans le cadre du plan de gestion de la végétation mis au point par le Cemagref, l’AD se limite à mettre en place un couvert végétal herbacé car il facilite nos missions de gestionnaire. De fait, ce n’est pas tout de semer : il faut aussi régulièrement faucher le talus pour ne pas perdre de vue le fondement même de l’ouvrage hydraulique : le corps de digue !

Précisions

Lire l’article connexe à celui-ci : Les modalités d’exécution d’un chantier de végétalisation.

Domène en octobre 2009

En amont du pont et en rive droite de l’Isère : projection hydraulique d’un mélange de terre et d’adjuvants de type compost, engrais organiques et colloïdes.

Domène en avril 2010

Plantation de boutures de saules effectuée par les agents techniques de l’AD.

Domène en juin 2010

La digue un an après les travaux de confortement.
A noter : ce chantier a été l’occasion de mettre en œuvre une nouvelle technique de confortement. Le talus est aujourd’hui protégé contre l’érosion par des panneaux en acier galvanisé remplis de matériaux concassés.

[1] Tencin, Lumbin, Crolles et Veurey.

[2] A l’initiative de l’AD, ces prestations sont réalisées par des entreprises extérieures.

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